Un p’tit squelette sorti de ma tête

Depuis quelques jours, j’ai ça qui me trotte dans la tête :

« Sous un joli pommier

Un chien s’mit à gratter

Il déterra un os

Celui d’un pauvre gosse »

 

Et ça restait bloqué là, dans ma tête.

Après quelques jours, accompagnée de l’image d’un squelette de môme sous un joli pommier (en fleurs ?), j’ai décidé de chercher une suite, pour écrire le tout et peut-être m’en débarrasser.

J’aurais bien aimé illustrer ça d’un dessin mais c’est encore bien au-dessus de mes capacités.

 

Sous un joli pommier

Dans un pays fermier

Un chien s’mit à gratter

Par un beau jour d’été

Il déterra un os

Celui d’un pauvre gosse

Perdu dans les fougères

A cause de la misère

Attiré par les pommes

Ce pauvre petit homme

Se fit casser la goule

Traité d’voleur de poules

Un jour sans lendemain

Pour le pauvre gamin

Qui cessa d’respirer

Quand il fut enterré

Secret bien préservé

Personne n’a bavé

Les assassins ont profités

D’une belle immunité

Mais cinquante après

Le vieux meurtrier sait

Voyant son chien ramener

Un petit péroné

Qu’il a perdu son âme

Le jour de l’affreux drame

Et comme il est à bout

Se passe la corde au cou

 

 

Sinon, et sans rapport aucun avec ce qui précède, j’ai lu un livre d’ethno-poétique, pour lequel je donne mon avis :

 

Dogons, Emme Wobo d’André Gache

 

Je découvre donc l’ethno-poétique ! Comment dire… c’est ardu.

 

La première partie de ce livre est un recueil de paroles diverses, qui se veut poétique.

Le problème – ou pas – c’est qu’on ne sait pas qui s’exprime.

Enfin, il y a un code, suivant la police de caractère utilisée, pour savoir s’il s’agit d’une parole « figée », d’une parole de spécialiste, d’une traduction, d’une parole « enjolivée ».

Mais je n’ai pas réussi à vraiment mémoriser ce code.

D’autant que les « peuples » sont souvent cités aussi en abrégé par une simple lettre (B pour Bambara par exemple). Et de nombreux mots sont employés sans que leur traduction soit rappelée – des termes sont traduits au début de chaque « chapitre » – comme cige ou dolo.

 

Cependant c’est un livre extrêmement riche de paroles et donc très intéressant.

Les paroles ne sont pas datées mais il m’a semblé qu’il y avait une évolution chronologique sensible, bien que les « chapitres » soient plutôt organisés suivant des thèmes.

Quelques extraits de rapports ethnographiques, de rapports de missions administratives aident aussi à prendre de la distance sur le regard, déformé, que nous avons sur ces « peuples ».

 

« Ellè

Un jour, une délégation de l’ONU est descendue à K…

Ils ont visité les jardins maraîchers, l’école, le moulin coopératif qui soulage les femmes d’une tache pénible et longue.

Ils ont demandé si les femmes ne pilaient plus, en regrettant que l’Afrique perde là une de ses activités les plus caractéristiques.

Le chef du village n’a rien dit, mais l’instituteur, qui était là comme interprète, leur a demandé s’ils voulaient faire de nous un musée et laisser nos femmes dans la servitude. »

 

 

Une deuxième partie propose quelques photos, mais le format du livre ne les met vraiment pas en valeur.

 

Une troisième partie vient apporter quelques explications tout à fait les bienvenues pour comprendre certains passages du début.

 

Mes connaissances sur le Mali se limitaient aux livres d’Ampâté Bâ, lui-même appartenant au peuple Peul. D’où mon intérêt pour ce livre, souhaitant élargir un peu ma culture sur ce pays si riche de traditions orales.

J’aurais souhaité un peu plus d’informations sur l’histoire du pays, sur les liens entre les Dogons, Peuls, Bambaras, Toucouleurs, Songhaïs…

 

Mais justement je crois que c’est la volonté de l’auteur de proposer une immersion au sein de la parole du peuple Dogon, sans préparation préalable, sans à priori.

A moi de me documenter davantage et de revenir à ce livre ensuite pour en avoir un éclairage renouvelé.

 

Reste le plaisir des proverbes si pleins de sagesse :

 

« Dans une réunion ou au bar, tu fanfaronnes. Quelqu’un de plus âgé que toi te lance : Ko’o pyè-lo kugé sa dalé don onô, Le poulet de vingt cauris sait sa place dans le poulailler.

Tu n’auras pas la honte, mais tu comprendras. »

 

Je comprends…

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