Le syndrome énigmatique

Parce qu’il est énigmatique de parler d’épuisement quand on est prof.

 

Tout se passait bien en ce mois de mars.

 

Les élèves se remettaient tant mal que bien au travail et c’est vrai que cette inertie de leur part en classe me demande toujours un surplus d’énergie, car apparemment, je n’ai pas encore intégré dans mon fonctionnement que je ne pouvais pas palier leur manque de travail par une surcharge du mien.

 

Le conseil d’administration du collège, accompagné de ses diverses et variées petites réunions, s’était passé sans heurt, sans même quelque discussion, et finalement je ne trouve pas cela positif et je crois que cela participe à mon découragement.

 

L’accueil des CM2 a eu lieu, pas sans heurt, perturbé par une maintenance informatique qui a transformé nos séances « promotion du matériel du collège » en un fiasco honteux.

 

Maintenance informatique qui a aussi perturbée plusieurs de mes séances puisque mon dossier bureautique était « vide ».

Pour reprendre une comparaison connue, c’est comme si après avoir nettoyé ta bagnole, et refais le niveau d’huile pour qu’elle fonctionne mieux, tu t’apercevais après avoir démarré, au moment de partir, que ta pédale d’accélération a disparue. Tu dois arrêter et redémarrer, cinq fois, avant que la pédale daigne réapparaître.

Sauf qu’en plus, sur l’ordi, tu dois à chaque fois entrer ton identifiant et ton mot de passe pour ta session, te reconnecter au logiciel de vie scolaire via internet qui te demande aussi un identifiant et un mot de passe. Tout ça en continuant ton cours comme si de rien n’était face à tes élèves qui ne comprennent décidément pas pourquoi la prof, aujourd’hui, elle fait tout répéter deux fois.

 

L’humidité normande aidant, j’ai été victime d’un petit rhume, que je pensais avoir admirablement vaincu, avant que la saloperie ne me tombe sur les bronches, s’attaquant sournoisement à tous les muscles de mon corps pourtant non fiévreux.

Lundi matin, prête à travailler tout de même, c’est ma fille, la petite, qui m’a obligée à rester à la maison pour la garder et l’emmener chez le médecin, après avoir passé une demi-heure pour prendre un rendez-vous à cause d’une maintenance informatique qui perturbait l’agenda électronique du docteur. Quand l’histoire se répète…

 

Passant le relai à Jules pour jouer les garde-malades les jours suivants, je réussis à travailler en mauvais état, mais à peu près normalement, ayant décidé de me soigner toute seule – en général, je fais le mauvais choix, que ce soit d’aller voir le médecin ou de ne pas y aller…

 

Et puis, jeudi, c’était formation disciplinaire – de mathématiques donc – sur la réforme du collège. Y aller malade n’était sûrement pas une bonne idée. Vu l’inutilité de la chose, y aller n’était pas une bonne idée tout court.

Mais dans mon entêtement à bien faire, quitte à me prendre un peu la tête, j’y ai gagné une drôle de prise de tête qui tue : une migraine de deux jours.

 

Et non seulement j’ai fini par rater une journée de cours vendredi, mais j’ai dû aussi aller voir le médecin – pour rien, parce que franchement, pour une migraine, que voulez-vous qu’il fasse ? – arrêt de travail oblige. Et là, l’histoire se répète je vous le dis, j’ai dû passer encore une demi-heure pour prendre le rendez-vous à cause d’une maintenance informatique qui empêchait la secrétaire d’accéder à l’agenda du médecin. Parfois je me demande… est-ce possible que ce soit moi qui génère cela… ?

 

Bien sûr un week-end comme celui-ci, réduit à une journée, ne m’a servi qu’à faire le strict minimum pour mon travail. Tiens d’ailleurs j’ai oublié les rapports de stage. Et il me reste mon conseil de classe à préparer. Le strict minimum…

 

Et tout ça m’épuise d’avance.

Mais ça ira mieux demain.

 

 

 

Avant cette semaine palpitante, j’avais trouvé le temps de lire un peu tout de même.

Le syndrome E, de Franck Thilliez :

 

Dans ma série « Vas-y Francky c’est bon »…

 

Quand on apprécie un auteur, en général, c’est qu’on apprécie ses personnages, surtout lorsqu’ils sont récurrents.

Et pas besoin d’avoir de bonnes raisons pour ça.

 

Hennebelle, c’est le genre à prendre des décisions dérangeantes, plutôt mauvaise mère par exemple. Et bien même cela finit par être attachant chez elle.

Sharko, lui, est totalement improbable, limite dangereux comme bonhomme et rescapé de tellement de coups qu’il n’en est même plus crédible. Et pourtant, ce n’est franchement pas plus dérangeant que cela. Et on y croit quand même, en fait.

 

Pour l’histoire, avec Thilliez, c’est toujours hyper documenté. Ici, par exemple, il aborde le cinéma et fait référence à des techniques de films, qu’il place dans un cadre historique sûrement vrai – je n’ai pas vérifié cela dit.

Et je pense que c’est ce cadre réaliste qui donne de la consistance et du sérieux à l’histoire qui, elle, ne l’est pas – je veux dire qui n’est pas sérieuse au sens de réelle.

 

Bien sûr, la narration est huilée maintenant. Un seul petit bémol peut-être : Thilliez cherche à frapper fort et il le dit, parfois un peu trop. Je trouve inutile qu’il précise que ses personnages vivent des horreurs très horribles, si on a bien tout suivi, on s’en rend compte quand même…

 

Et puis ici, il y a la rencontre d’un homme et d’une femme, chalala… Non sérieux, la rencontre d’Hennebelle et de Sharko, très intelligemment amenée.

 

Le livre semblait bien finit (attention, je n’ai pas dit qu’il se finit bien). Mais non, il se termine finalement de manière abrupte.

Car il a une suite.

Une suite que je lirai, indéniablement.

 

Alors « Vas-y Francky, c’est bon » !

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