Je veux le croire

Débordée, puis fatiguée, puis manque de motivation pour le boulot, qui finit par être contagieux pour toute autre chose.

Des envies et des idées pour coudre par exemple mais un gros manque d’énergie pour les concrétiser.

Des envies et des idées pour dessiner mais pas assez de motivation pour m’y mettre.

Des envies et des idées pour écrire mais pas assez de concentration pour arriver à quelque chose.

Une envie de lire, peut-être, mais pas de faire un choix.

Je regarde les livres dans la bibliothèque et ce n’est pas qu’il ne me reste rien à lire, loin de là, plusieurs livres me tentent, mais pas maintenant.

Mon état me fait redouter de ne pas profiter pleinement de ma lecture, de ne pas apprécier le livre à sa juste valeur.

Je ne suis pas loin de me rabattre sur Gary, valeur refuge pour moi, ce ne serait pas la première fois qu’il accueillerait mon manque d’appétence pour y remédier.

 

Mais ! Finalement, c’est un Thilliez que j’ai lu ce week-end, voici mon avis babeliesque :

 

 

 

Dans ma série « Vas-y Francky, c’est bon… »

 

Surtout entre le début et la fin, à peu près entre la première majuscule et le dernier point.

J’ai lu Le syndrome E il y a peu, emprunté à la bibliothèque, où, horreur ! ils ont l’idée saugrenue de ne pas avoir la suite.

Mon jules à moi a eu, lui, la bonne idée d’acheter la suite samedi après-midi. Je me suis laissé aller, il faudrait plutôt dire laissé avoir, à le commencer dans les heures qui ont suivies. Happée dès les premières lignes, c’est dimanche soir que j’ai tourné la dernière des six cents pages.

 

 

L’intrigue, pour un livre comme celui-ci, c’est le truc dont il ne faut rien dire ! Bon, je ne dis rien alors.

Si, c’est une grosse enquête, bien complexe.

 

Et là intervient déjà le talent de l’auteur : tout est très clair, bien ficelé, on ne s’y perd pas. Les personnages font plusieurs fois la synthèse des éléments de l’enquête et cela est amené de manière suffisamment subtile pour que ce ne soit pas artificiel.

 

Talent dans l’écriture, son style, efficace. Les phrases sont bien construites, sans fioritures inutiles, pas dénuées de charme pour autant : les descriptions sont là quand il le faut, pour servir le propos, parler des lieux ou des sentiments. J’admire, particulièrement, les descriptions dans les villes, quand un personnage prend les transports en commun par exemple, et que les détails donnés – comme la ligne de métro, le nom des stations – sont savamment dosés.

 

Talent dans l’esprit de synthèse. Franck Thilliez est capable de redonner les grandes lignes de son livre précédent en une ou deux pages. Il est capable de résumer le parcours de ses personnages récurrents, Sharko et Hennebelle, en quelques paragraphes ou quelques dialogues. Cela nous permet de replonger immédiatement dans l’action et de nous rapprocher instantanément des deux personnages.

 

 

Les auteurs disent être habités par leurs personnages. Bien sûr, quand on a affaire à des personnages récurrents, j’imagine qu’il se crée une relation particulière avec eux pour l’auteur. J’en suis sûre, puisque cette relation est déjà particulière pour le lecteur. Thilliez malmène, lui, à l’extrême ses deux héros fétiches, un peu comme s’il était déjà allé beaucoup trop loin pour Sharko et que la seule façon de rester crédible était de faire entrer Hennebelle dans la même danse. Et bizarrement, loin de gâcher l’univers des deux flics en les éloignant trop de la réalité, ça marche plutôt bien et nous sommes imprégnés de leur empathie mutuelle.

 

Le talent de Thilliez est aussi dans son travail. On l’imagine très bien passer des heures à se documenter sur un sujet, à rencontrer des spécialistes, à mener des recherches, à imaginer une intrigue qui s’imbrique dans ce sujet, à donner à cette intrigue une cohérence par rapport au sujet choisi.

Ici, il s’agit de génétique et d’évolution. Je n’ai pas trouvé les explications rébarbatives et elles sont claires. Bien sûr, la frontière entre fait scientifique et fiction n’est pas clairement définie dans le roman (c’est un reproche que j’ai lu dans certaines des cent quarante critiques déjà écrites – si, si, je les lis…). Mais c’est un roman ! Il n’a pas pour vocation de n’apporter que des informations exactes et avérées à ses lecteurs. Libre à chacun de se documenter et de s’instruire sur le sujet éventuellement.

Par contre, un roman peut avoir vocation à faire réfléchir sur des sujets de société. Ici, c’est bien le cas, au-delà de l’aspect scientifique, on peut réfléchir à des questions éthiques, philosophiques, si l’on veut…

 

Je trouve que ce roman de Thilliez est le meilleur de ceux que j’ai lu, du premier qu’il a écrit à celui-ci, dans l’ordre, pour toutes les raisons que j’ai abordées. Je vois vraiment une différence dans son écriture, entre Train d’enfer pour ange rouge et Gataca.

Inné ou acquis ?

Tout s’apprend, je veux le croire !

 

 

Croire que je peux apprendre moi aussi à écrire une histoire.

Ou croire que les gamins vont apprendre des choses grâce à moi et surtout à mon beau métier, professeure.

En tout cas, j’apprends à y croire…

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