Âme printanière

habitant du feu rouge

Une semaine de vacances est forcément fructueuse en activités de toutes sortes.

Du ménage de printemps… parce que c’est le printemps.

La couture d’un maillot à manches courtes pour ma grande Lili… parce que c’est le printemps. Et qu’il faut donc préparer la garde-robe printemps-été avant que les beaux jours n’arrivent subitement (fantasme normand…). Couture qui m’a pris quatre heures au lieu de deux, parce que mon tissu se coinçait dans la machine et qu’il me faut trois essais avant de réaliser qu’il faut essayer autrement. Je dois avoir du temps à perdre…

Du jardinage, plus précisément du désherbage… parce que c’est le printemps. Mais très peu parce qu’il faut viser entre deux averses et entre deux coups de vent.

De la lecture… parce que… ben comme toute l’année.

 

 

Un avis à donner sur un « roman première lecture » que j’ai eu pour ma grande par la masse critique organisée par Babelio. Voici cet avis sur Le prince cauchemar d’Olivier Chapuis et Vincent Bergier :

 

« Une vraie intrigue, en peu de mots, pour accompagner les balbutiements en lecture » promet la quatrième de couverture ! Elle dit vrai…

Une à six lignes, d’environ cinq mots chacune, par page, dans une police sans empattements et en gros caractère : au niveau de la forme, cela me semble en effet idéal pour commencer en lecture.

Les dessins sont enfantins mais pas trop. Le « prince cauchemar » fait penser au Dracula d’Hôtel Transylvanie, selon ma Lili qui a sept ans, et je suis bien d’accord.

L’histoire en effet comporte une vraie intrigue : comment faire pour que le prince cauchemar laisse les enfants en paix la nuit ? Et elle porte un message positif, mais discret.

Ma fille est plutôt une bonne lectrice déjà, mais elle a pu apprécier d’autant mieux l’histoire. Elle l’a compris et l’a trouvé bien, même si ce n’est pas le coup de cœur non plus.

 

 

Et puis j’ai emprunté à la bibliothèque Les échoués de Pascal Manoukian, parce qu’une collègue avait posté un avis très enthousiaste sur ce livre et qu’en plus, le sujet m’intéresse, même s’il ne s’agit là que d’un roman.

 

Ce qui m’a vraiment chaviré dans ce livre, c’est la narration. Une voix calme, sans grand éclat et pourtant d’une force !

La narration reste assez détachée des personnages, nous ne faisons pas ici dans le voyeurisme. Larmoyants aussi, passez votre chemin. Mais nous ne sommes pas non plus dans l’objectivité froide, quelques réflexions nous rappellent que nous ne pouvons ( ?), devons ( ?) pas rester de marbre dans toutes les situations.

 

J’ai aimé faire un bout de route avec les personnages réfugiés : Virgil, le moldave, Assan et sa fille les somaliens, Chancal le bangladais. Enfin, c’est une façon de parler, bien sûr, tranquillou dans mon canap, loin de l’enfer d’un tel chemin. Ce que j’ai aimé, encore une fois, c’est la narration qui est faite de leur voyage. Raconté, pour chacun d’entre eux, en deux fois. D’abord très succinctement, puis avec quelques détails, mais pas trop. Là encore, on a un équilibre solide pour ne pas tomber dans le pathos.

 

Les scènes plus particulièrement décrites semblent avoir un but. Par exemple, l’infibulation qui souligne le poids des traditions sur les hommes et les femmes, au-delà du raisonnement et au-delà du raisonnable.

 

J’ai aussi apprécié le début de l’histoire, la rencontre des réfugiés, leurs débuts en France, leurs liens avec les autres réfugiés… En  particulier le personnage de Talaat, d’abord brut de décoffrage puis tout en nuances finalement, car l’inhumanité est parfois partie intégrante de l’humain.

 

Mais rapidement, quelque chose a changé. Je n’y ai pas cru.

Pourtant je n’attends pas d’un roman qu’il me décrive forcément une réalité possible. Mais quelque chose s’est brisé dans un passage où Virgil est dans la forêt. Il connait les habitudes des promeneurs, il donne l’impression de savoir parfaitement comment ça se passe pour les réfugiés, de connaître le système par cœur. Alors qu’il est arrivé quinze jours avant…

Puis il y a quelque chose d’irréel dans la communication entre les personnages. Comment se comprennent-ils si facilement ? Au niveau de la langue, mais pas que. Pourquoi ceux-là arrivent-ils si facilement à exprimer, avec de quasis inconnus, ce qu’ils ressentent ?

Et pour continuer, il y a Julien et Elise… Un peu trop monochromes, même si pourquoi pas ? Mais là non. Avec un tel livre, on est censé être dans la nuance, ne faudrait-il pas être dans la nuance jusqu’au bout ?

Et pour finir, le moment « Disney ». Elle aurait pu être belle cette scène… Mais il aurait fallu qu’elle soit préparée et qu’elle ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe.

 

Mon avis est donc très mitigé mais je suis quand même contente de l’avoir lu, pour l’écriture et la narration, si belles…

 

 

Il est des inspirations musicales qui s’imposent à moi dès que j’ouvre le fichier pour écrire ma « critique ». Ici, du  Mano Solo est tout indiqué, pour la beauté de son texte (et la musique sympathique), pour la proximité du sujet évoqué, et parce que… j’adore.

 

« Les habitants du feu rouge

N’ont plus qu’une main qui bouge

Pendant que l’autre s’agrippe encore

A l’espoir de ne pas faire partie du décor

[…]

D’un raz de marée qui les a j’tés là

Marins des trottoirs sans port ni belles histoires

Les seuls embruns sur leur visage

Sont ceux du dédain sur leur passage

Les habitants du feu rouge bougent quand tout le monde s’arrête

A contre-courant dans un monde en mouvement

Un peu d’répit dans la vitesse du mépris

Le vert est leur ennemi

Quand il libère les gens d’une réalité d’la vie

[…]

Ils sont prêts à tout même ne pas vous en vouloir

D’avoir besoin d’un sémaphore pour les voir »

 

Extrait de Les habitants du feu rouge, Mano Solo :

https://www.youtube.com/watch?v=3cyLKUGH2mU

 

Et donc un dessin – celui du début de l’article – inspiré par cette chanson (il faut reconnaître un bateau à gauche…)

 

Peut mieux faire. Quoique, à voir…

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