Lectures studieuses

Ce matin, je prévenais mes élèves de 3B :

« Attention, les heures ne sont pas extensibles.

– Hein, quoi ? » s’étonne A…

– Oui, on perd du temps en classe. Et ça va finir par ne plus rentrer dans les heures avant fin juin.

– On a qu’à rajouter des heures, propose M.

 

Quand M, 6/20 de moyenne dans ma matière, ne s’émeut pas davantage d’être en cours que d’être en perm, je ne peux m’empêcher dans un moment de douloureuse lucidité, de trouver ça louche.

Parce qu’il en rame pas une quand même et que sans vouloir les traumatiser, mes chères têtes plus très blondes, je voudrais quand même les bousculer un peu dans leur attentisme nonchalant.

Tout cela est une question de dosage, de la mesure en toute chose… Mais je. Suis. Très. Désappointée…

 

 

 

J’ai emprunté à la bibliothèque une revue « BT2 » intitulée Célestin Freinet pédagogue moderne.

Illustré de nombreuses photographies, cette revue relate la vie de Freinet et sa carrière.

Issu d’une famille modeste, il a été gravement blessé pendant la première guerre mondiale. Après celle-ci, il s’est intéressé à différentes pédagogies à travers le monde, pas de manière exhaustive mais de manière à nourrir sa réflexion.

 

Je perçois de mieux en mieux, à force de lire ce genre d’ouvrage, que certains choix pédagogiques découlent de choix idéologiques ou politiques, voire de points de vue psychologiques. L’aspect de l’obéissance dans la relation « prof-élève » et des punitions qui vont avec, par exemple, est influencé par l’idée qu’un enfant doit obéissance à un adulte ou au contraire que l’autorité se fonde sur d’autres valeurs.

Bon après, il faut réfléchir à tout cela dans le détail et avec beaucoup de mesure (de la mesure en toute chose…).

 

Et puis personnellement, je me suis forgée l’opinion qu’il faut utiliser des pédagogies variées, pour toucher un plus grand nombre d’élèves dans leur fonctionnement, pour éveiller leur intérêt. Tout en croyant à l’importance des rituels, pour leur donner un cadre, des repères.

Et des pédagogies variées ne sont pas toujours innovantes, il n’y a pas forcément besoin de réinventer sans cesse l’eau chaude, il suffit parfois d’ouvrir le robinet. D’où l’utilité de s’intéresser à des gens comme Freinet, ou comme Korczak – pédagogue polonais de la première moitié du 20ème siècle – hommes de bien et qui éveillent l’empathie.

 

 

Comme c’était pour moi les vacances il y a peu (encore ! diront certains…), j’avais emprunté une série de livres sur l’enseignement, dont L’enseignement mis à mort, d’Adrien Barrot.

L’auteur est professeur agrégé de philosophie. Et il s’exprime comme un philosophe qui s’écoute parler : avec de nombreuses circonvolutions qui je suppose sont censées éveiller la curiosité du lecteur, de la lectrice ici en l’occurrence, moi. Raté !

Adrien Barrot réagit en 2000 aux propos de Claude Allègre, à l’occasion d’une réforme de l’éducation nationale. Celui-ci disait :

« Il y a dans l’enseignement une tendance archaïque,  ils n’ont qu’à m’écouter, c’est moi qui sait. Sauf que c’est fini. Les jeunes n’en veulent plus. »

Ce qui est drôle bien sûr, c’est qu’il s’agissait déjà pour cette réforme à l’époque de combattre l’ennui des élèves, leur manque d’intérêt, leur manque de motivation…

Mais selon Adrien Barrot, par le vocabulaire employé : « le jeune » et pas « l’élève » (ni même « l’apprenant » ou autre joyeuseté), cette réforme mettait à mort l’élève et par là même l’enseignement.

 

Bon. En dehors de ça je n’ai rien trouvé d’intéressant dans ce livre, si ce n’est un rappel de l’actualité des années 90, qui, on peut dire, sont déjà entrées dans l’histoire de l’éducation nationale.

 

 

Je vais donc m’en retourner à une lecture plus romanesque, jusqu’au prochain livre concernant l’école, qui ne saurait tarder.

Quoique, il va falloir d’abord affronter la consternation d’une journée de formation vendredi, formation à Scratch qui plus est, et surmonter l’abattement à la suite des portes ouvertes du collège samedi matin.

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