La course contre la marmotte

Une classe aussi, c’est comme une boite de chocolats. T’as bien l’explication de ce qu’il y a dans tous les petits papiers. Mais y’a un malin qui s’est amusé à tout mélanger. Et tu sais jamais sur quoi tu vas tomber. C’est pas tous des pralines ça s’est sûr.

Résultat, quand je suis obligée de mettre G. à la porte pour la deuxième fois de suite, juste parce qu’il refuse de changer de place, que je lui demande si ça va durer longtemps, et qu’il me répond tranquillou « tous les jours », je suis persuadée que le lendemain il va me faire la même. Je m’y prépare.

Et le lendemain en question, G. va direct à la place indiquée la veille. Bon, de toute façon, quand tu es prof, tu passes ton temps à te préparer à des trucs qui n’arrivent pas. Comme dans la vie ? C’est pas faux.

Comment comprendre cette reddition si inattendue de la part de G. ? C’est que j’aime comprendre… Je m’enquiers auprès de cheffe pour savoir si elle lui a parlé après que je l’ai viré la deuxième fois. Que nenni ! « Chef adjoint lui a parlé », me dit-elle. Ah ? Et donc ? Comment dire…

Nous sommes un petit collège qui au regard de sa situation et de ses effectifs ne nécessite pas d’adjoint. Et nous sommes tous bien convaincus que c’est pour cette raison que notre chef adjoint a été affecté à cet établissement. Parce que c’est du plus qu’on n’a pas !

Nul doute en mon esprit, l’explication est à chercher ailleurs.

 

En lisant des livres sur la pédagogie, sur l’enseignement, je cherche à enrichir mon expérience de celle des autres. Le mieux reste sûrement l’expérience personnelle. Mais ces lectures permettent, je pense, d’accélérer le processus, parfois d’avoir réfléchi à une situation avant qu’elle ne survienne.

Échanger des points de vue est intéressant aussi. J’ai quelques collègues pour cela. Mais on est tous dans le même bateau. Comme notre état d’esprit est contaminé par notre environnement immédiat, cela réduit forcément le champ des réflexions.

 

Avec L’école du colibri, j’ai trouvé là une petite perle.

Isabelle Peloux a créé une école dans laquelle elle propose une éducation alternative.

Dans ce livre, elle expose ses motivations et son parcours, ce qui permet de bien avoir conscience que son action résulte d’un long cheminement et non d’une lubie. Elle parle un peu des théories sur lesquelles reposent son enseignement, de manière assez brève mais toujours très claire et illustrée par des exemples concrets.

Là où ce livre a illuminé mon esprit démotivé d’une étincelle réconfortante, c’est dans l’exemple qu’il me donne d’une personne encore capable d’empathie, de bienveillance même, j’ose utiliser ce mot pourtant sali par une utilisation dévoyée. Isabelle Peloux m’a même, par certains aspects, fait penser à Korczak, en particulier par sa façon de donner en exemples des comportements d’adulte (elle se donne souvent en exemple elle-même) pour permettre de mieux appréhender un comportement d’enfant, montrant là qu’elle tient l’enfant pour une personne dont les sentiments n’ont pas à être amoindris au prétexte que c’est un enfant.

 

Ce livre m’a fait beaucoup de bien dans une période où ma motivation est au fond du trou.

Mais il ne me donne pas le moindre début d’explication au comportement étrange et surréaliste de G. et pour savoir à quoi m’attendre avec lui, je peux toujours courir…

 

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