Une goutte de la couleur de l’océan

La couleur de l'eau par Hudson

Depuis le début de la semaine, j’arrive tout juste à travailler une heure par jour pour le collège, autant dire une goutte d’eau par rapport à ce qui va me submerger à la rentrée si je ne déblaie pas tout ça avant.

Mais bien sûr, quand on est à la maison, en famille en plus, il y a toujours mieux à faire. Bien sûr je me disperse, maison, jardin, famille, loisirs, entre obligations et détente.

La seule chose que j’ai mis un peu de côté, à regret, c’est le dessin. J’ai l’impression qu’il me faudrait un moment plus long que ce dont je dispose dans mes journées pour que ça vaille la peine que je m’y mette.

 

Je lis peu mais j’ai encore plusieurs avis de retard à donner sur mes lectures d’Espagne.

En voici un, sur La couleur de l’eau de Kerry Hudson.

 

 

 

Livre offert, donc que je n’ai pas choisi, il a attendu les vacances, sa pile de livres prévue avant le départ, pour être lu.

 

Selon la quatrième de couverture, ce roman est l’histoire d’une jeune voleuse sans papiers originaire de Russie qui noue une relation avec Dave, vigile dans un magasin londonien, originaire d’une cité anglaise « à l’horizon bien bas » et il mêle « portrait social et histoire d’amour moderne ».

 

Et tout ça ne m’attirait pas vraiment.

D’abord, en quoi une histoire d’amour peut-elle être moderne ? S’il y a bien une histoire ancienne, c’est l’amour. Peut-être se vit-il parfois dans la modernité. Les voitures, les trains, les avions ne sont rien d’autres que de nouveaux chevaux blancs dans lesquels le prince charmant peut embarquer sa princesse, les rôles ayant le droit d’être inversés, après tout dans les débuts du théâtre, ce n’étaient que des hommes qui jouaient tous les rôles, féminins comme masculins. Tout ce que ça finit par faire, c’est d’entendre jouer une sérénade et si l’on a inventé le téléphone portable c’est peut-être parce que le balcon de Juliette est maintenant au quinzième et que l’on manque d’organe vocal, privilégiant d’autres parties de notre anatomie, on l’espère. Et là aussi, nous oublierons les problèmes de genre, genre c’est pas un problème, même si en cela l’humain n’est pas encore très moderne, ça viendra.

 

Pas convaincue par la quatrième de couverture donc. Mais la couverture, elle, nous offre une jolie photo de deux jambes de femmes surmontant de belles chaussures à hauts talons et effleurées d’une jupe jaune, au-dessus du genou, que l’on devine virevoltante. Et la jambe est peut-être la chose que je trouve le plus esthétique chez une femme, regard de femme débarrassé de toute considération sexuelle. Et puis cette image m’a rappelé Talons aiguilles (même si ce n’en est pas ici), le film de Pedro Almodovar, avec cette scène où l’on voit d’un soupirail le bas des jambes des femmes passant dans la rue, perchées sur des talons aiguilles.

 

Vous l’aurez compris, un livre pour moi peut commencer bien avant sa lecture par ce qu’il évoque, ce qu’il provoque, ce qu’il donne à réfléchir.

 

A la lecture, ce livre m’a semblé assez difficile, de par les dialogues, de par sa construction opérant des retours sur le passé qui ne sont pas signalés clairement. Cependant, peut-être grâce à l’effet « vacances » et à la disponibilité qu’il offre, je me suis totalement immergée dans cette histoire et l’ai très peu lâchée avant d’arriver au bout.

 

Alena, cette jeune femme russe sans papiers voleuse a plus de profondeur que ne le laisse présager le début et Dave, personnage aux apparences claires se révèlera avoir fait preuve d’une discrétion loin d’être anodine sur sa vie.

 

Certes on peut craindre d’avoir été soumis à certains clichés, qu’espérer d’autre quand des personnes sont dépeintes, disons photographiées pour faire moderne et pour coller à l’image précédente.

 

Une bonne lecture pour moi, puisqu’elle a été meilleure que je ne l’attendais.

 

 

 

 

Le petit air provient du début de ma critique et de l’évocation de Talons aiguilles. C’est une musique qui est dans ce film. Mais comme le hasard fait bien les choses, les paroles collent très bien à ce livre, à mon avis :

 

« Lo nuestro se acabo

Y te arrepentiras

De haberlo puesto fin

A un año de amor

Si ahora tu te vas

Pronto descubriras

Que los dias son eternos

Y vacios sin mi

 

 

Y de noche, y de noche

Por no sentirte solo

Recordaras, nuestros dias felices

Recordaras, el sabor de mis besos

Y entenderas, en un solo momento

Que significa

Un año de amor

[…] »

 

Extrait de « Un año de amor », Luz Casal :

Des nouvelles mais pas fraîches

Rêves et cauchemars, tome 1  par King

Je ne me suis pas posée la question de savoir si j’allais travailler pour le collège pendant ces vacances scolaires. C’est inévitable si je ne veux pas démarrer en septembre dans l’angoisse et le surmenage. Par contre, comment trouver du temps sans se gâcher les vacances et concilier le reste, c’est-à-dire profiter du jardin, maintenant que l’on peut mettre le nez dehors, profiter des filles, quoique qu’elles ne s’ennuient pas pour l’instant.

Alors comme nous sommes partis deux semaines en Espagne dès le début des vacances, cela m’a permis de faire un vrai break. Du coup, cette semaine, j’ai décidé de travailler à petites doses, une à deux heures par jour. Ce qui laisse beaucoup de temps pour plein d’autres choses. Ensuite, je verrai, pas envie d’anticiper au risque de faire passer les vacances plus vite.

J’ai réussi à écrire un peu ces derniers jours. Cela me donne des séquences un peu décousues, parce qu’il y a des choses à insérer. Mais ayant un fil à dérouler, je préfère le suivre pour l’instant.

 

Je continue aussi à « rattraper » mes avis de retard sur babelio, ici avec Rêves et cauchemars 1 de Stephen King.

 

 

Nouvelle : genre littéraire qui ne me convient pas.

Stephen King : auteur que j’aime beaucoup.

 

Au pays des sixièmes, quand un élève oublie son cahier, il s’excuse, dans le couloir, avant de rentrer dans la classe en t’expliquant pourquoi (même si ça fait dix fois que tu dis que ce n’est pas le bon moment pour te parler quand tu dis « bonjour » aux autres. Quand un élève lève la main, c’est pour répondre à une question ou te demander de répéter la consigne. Quand tu demandes aux élèves de travailler, ils travaillent. Quand tu proposes une activité aux élèves, ils sont toujours partant. Quand il y a un contrôle, ils stressent. Quand tu te fâches, ils sont impressionnés.

Au pays des troisièmes, quand un élève oublie son cahier et que tu as le malheur de lui faire remarquer, tu te fais engueuler que c’est pas grave et qu’en plus c’est pas de sa faute. Quand un élève lève la main, c’est pour demander à aller aux toilettes ou bien à aller à la poubelle (j’adore quand ils demandent ça, parce que je peux les imaginer rentrer dans la poubelle et c’est hilarant – intérieurement. En général, je leur réponds « non, non, tu peux encore servir », mais ils ne comprennent jamais que c’est de l’humour). Quand tu demandes aux élèves de travailler, ils se taisent (pendant deux minutes). Quand tu proposes une activité aux élèves, ils regardent tout de suite la pendule avec leur désespéré. Quand il y a un contrôle, ils trichent. Quand tu te fâches, ils te ridiculisent (à raison cela dit).

 

L’année passée, j’avais (entre autres), une sixième de rêve, les 6A et une troisième de cauchemar, les 3B.

Bon, les 6A étaient géniaux et c’était largement au détriment des autres classes de 6ème, peu pourvus en élèves doués, en élèves qui participent dans le respect de leurs camarades, en élèves calmes, en élèves sérieux, en élèves autonomes. Mais bon, je les avais et c’était effectivement le rêve d’aller en classe avec eux. Tout se passait toujours bien à toute heure de la journée, n’importe quelle journée de la semaine.

Et les 3B, le cauchemar dès le lundi neuf heures. Du refus de répondre qui tourne mal, au vide sidéral. Pas un pour rattraper l’autre. E., encore assez gentil garçon l’année d’avant qui a tourné mauvais esprit. P., nouvelle dans l’établissement, plus intéressée par les garçons que par les cours de maths, qui avait décidé de s’y mettre après avoir gagné un concours de nouvelles et ça a duré trois jours, qui aurait dû avoir son brevet mais qui l’a pas eu. N. et E., deux bavards incasables dans le plan de classe. E., je l’ai observé en contrôle refaire son chignon pendant dix minutes. M., lui l’a eu son brevet c’est dingue, qui me dit que c’est moi qui les empêche de travailler (m’a coupé le sifflet ce jour-là, j’en ai oublié de prendre son carnet que de toutes façons il avait jamais). Et G., qui m’a répondu environ deux fois « bonjour » sur les 60 où il est entré dans ma classe (il a été beaucoup absent, moi aussi et beaucoup de cours ont sauté), qui a refusé de changer de place et refuser de sortir de ma classe, qui s’est exclamé un jour où je criais sur une élève « c’est génial, on dirait une scène de ménage sur internet ».

 

Et si je parle de tout ça, c’est qu’aujourd’hui, où j’avais décidé d’écrire cette critique, j’ai croisé un seul élève en allant faire mes courses au supermarché : G.

Sweat à capuche au rayon fruits et légumes, je me suis sentie extra-terrestre à la manière dont il me regardait, à trois mètres de là. J’ai souris et j’ai dit bonjour. Il m’a répondu. Fin du cauchemar (pour moi, malheureusement pas pour lui).

 

 

Alors clairement, une heure de 3B l’année dernière était bien plus angoissante que ce livre de Stephen King, avec son vampire de train fantôme et ses fantômes à la manque.

Celle avec le dentier sur pattes m’a bien plu tout de même…

 

Mais pour relativiser, je répète encore que je n’aime pas les nouvelles. Il me faut du temps en littérature.

 

Vertige

Revenue d’Espagne hier, que du beau temps, que du bonheur.

En plus, nous avons du soleil en Normandie pour notre retour !!

De quoi s’occuper dehors, tant mieux.

J’ai prévu aussi de recommencer à écrire un peu plus. J’ai des idées. Le problème sera d’organiser un peu tout ça. Mais je verrai plus tard, autant avoir de la matière, dans laquelle je pourrai trancher ensuite. Et puis il faut que je prenne quelques renseignements, internet devrait suffire, je pense, à me cultiver sur les vélos.

Puisque j’ai lu plein de livres en Espagne (l’explication suivra), je vais aussi écrire mes « critiques » de retard pour babelio.

Procédons par ordre, avec Vertige de Franck Thilliez pour commencer.

 

 

 

Moi, l’été, je ne vais pas à la montagne parce que j’ai le vertige.

Le genre qui me prend dès la troisième marche de l’escabeau.

Les jambes qui flageolent, le cœur qui s’affolent, même sans penser à toi…

A la fac, il y a donc fort fort longtemps, dans une ville fort fort lointaine, à Cergy, nous avions de grands murs tout vitrés. Au sixième étage, la vue était impressionnante ! Tu voyais bien le verre ultra-renforcé et tu te doutais que même en cas de mauvaise conception de la chose, les contrôles de sécurité auraient remédié au problème. Ben j’arrivais quand même à avoir des sueurs froides, à me faire des scénarios catastrophes… « Et si quelque chose venait briser la vitre, et si j’étais pas loin et si en plus quelqu’un me poussait… »

Même assise sur un muret un peu haut, ça cogite dans ma tête.  « Et si on me poussait » (encore, oui). Et qu’il n’y ait personne à l’horizon ne résout rien à l’affaire… quand on est con, on est con.

 

Bon, bref, je vais en vacances à la mer. La mer, c’est au niveau zéro de l’altitude. Pas de souci pour le vertige.

– Ouais mais comme t’es chiante, t’as le mal de mer.

Oh, si peu.

Bon, c’est vrai que lors de ma dernière sortie en pédalo, j’ai dû me jeter à la mer avant qu’on atteigne les bouées de sortie de la zone baigneur et surtout avant de dégueuler tellement ça tanguait dans mes tripes.

Aller, une petite promenade au port ! Histoire de baver devant ces grandes vedettes qui se la pètent. Évidemment je ne me risquerais pas à aller où que ce soit en bateau, mais ça n’empêche pas d’aller les voir.

Le problème du port, c’est l’eau. Le long des quais. Qui clapote. Rien qu’à la regarder tiens, j’ai le mal de mer qui m’étreint. Et puis à voir la surface de l’eau, on se doute qu’il y a un fond et qu’on pourrait tomber dedans. Quand je pense qu’à tout moment je peux glisser. Ou on pourrait me pousser. Je me sens prise de vertige.

 

Bon, reste l’option serviette sur la plage, livre en main.

 

 

Donc dans ma série « Vas-y Francky, c’est bon… »

Toujours aussi efficace pour nous tenir en haleine, Thilliez s’est écarté de Sharko et Hennebelle le temps d’un « petit » livre.

Trois hommes et un chien aux instincts de loup. Encordés psychologiquement, les trois hommes entament une descente en rappels dans les faits qui pourraient expliquer leur situation.

S’usant les nerfs parfois jusqu’à la corde, notre narrateur doit démêler le vrai du faux.

L’homme est un loup pour l’homme, lui aussi.

Ne pas en dire plus de l’intrigue. Le cadre alors : un huis-clos. L’atmosphère : thriller psychologique.

 

Nous baignons dans une ambiance tantôt froide, tantôt agitée, cherchant à anticiper les réactions des trois hommes, peut-être quelques-unes de nos intuitions seront vérifiées.

Avalé d’une traite, très prenant, arrivée au bout d’un coup, restée un peu sur ma « fin ». Une fois n’est pas coutume. Au suivant !

 

 

 

 

 

 

Et même un petit air :

 

« […]

Désir fou que rien ne chasse

L’cœur transi reste sourd

Aux cris du marchand d’glaces

Non mais t’as vu c’qui s’passe

J’veux l’feuilleton à la place

Vertige de l’amour

[…] »

 

Extrait de Vertige de l’amour, Alain Bashung :

https://www.youtube.com/watch?v=rtJogxTNa1o

Etats d’âme

La pédagogie Freinet ! Pédagogie de projet, travail autonome des élèves, fichiers (papier) d’exercices avec autocorrection, différenciation grâce à l’utilisation de ces fichiers, travail de l’écrit à partir des productions des élèves imprimées avec une petite presse, le travail de groupe.

Toute les prescriptions de notre innovante réforme « collège2016 » semblent y être. Sauf l’oral et le côté ludique peut-être, les enfants ne jouaient pas à l’école de Freinet. Mais pour le reste, tout y est.

Et on nous dit même que de nos jours, le travail est facilité par l’usage de l’informatique : les exerciseurs permettent de vraiment différencier les parcours des élèves et l’usage d’un traitement de texte et d’une imprimante permet d’obtenir une version dactylographiée des écrits des élèves très facilement.

 

Cependant, je rappelle à toutes fins utiles que Freinet œuvrait entre les deux guerres mondiales. Ou comment faire du neuf avec du vieux… Du moins certains voudraient le croire.

Mais la force de Freinet c’était tout d’abord son engagement. Au-delà d’un simple positionnement pédagogique, il s’inscrivait dans des convictions politiques et sociales.

Je pense aussi que l’exception que constituait son projet participait de sa réussite. On y perd à vouloir faire croire à tous les élèves qu’ils sont l’exception.

Les techniques innovantes et manuelles de l’imprimerie donnaient aussi une véritable motivation aux enfants. Mais on ne peut pas transposer cela à l’utilisation de l’informatique. De nos jours, un ordinateur n’a rien d’exceptionnel pour les enfants. Alors quelle motivation va-t-il éprouver à passer encore une heure de plus sur un ordinateur pour apprendre quelque chose qui ne nécessite pas forcément son utilisation ? Et je laisse de côté la question de l’exposition aux écrans, non pertinentes ici.

 

Dans cet excellent livre, on rencontre plusieurs regards sur la pédagogie Freinet car il y a plusieurs auteurs, tous positifs cependant, pas de contradiction ici. Vers la fin, il y a quand même une réflexion de bon sens pour dire que cette pédagogie ne peut pas être une réussite si elle est imposée.

 

Ce qui me gêne actuellement dans les discours qui reprennent ces belles idées, c’est que l’on passe de tout l’un à tout l’autre. A l’école des connaissances, des notes, du cours magistral, de l’autorité arbitraire, du tout sérieux, on oppose en prônant l’école des compétences (les connaissances ne servent plus à rien, puisqu’elles sont disponibles sur internet), du sans-note (donc des compétences encore, en prétendant ne pas traumatiser les élèves), du travail de groupe – autonome si possible, car les élèves comprennent mieux avec un autre élève qu’avec un professeur forcément – de la classe inversée, de la différenciation, de l’accompagnement personnalisé et des enseignements pratiques interdisciplinaires, du « côte à côte » pédagogique (si, si), du ludique…

Et tout ça me fait rire ou pleurer, selon.

On s’entend asséner de grandes idées, mais on bricole, on fait semblant en recyclant des choses qui existent déjà. Par contre, maintenant il faut remplir des tas de papiers, de tableaux pour expliquer notre action pédagogique.

Si tu as un projet, par exemple étudier une chanson en anglais (EPI anglais – musique), il faut écrire d’abord les disciplines concernées (bon là ça va) et les compétences travaillées en lien avec le projet de l’établissement et les programmes ou les parcours. On te demande aussi d’évaluer le temps passé. Tout ça passe en conseil pédagogique (environ dix personnes réunies chez nous), puis en conseil d’administration (environ vingt personnes réunies chez nous).

 

Tout ça ne change pas notre quotidien immédiat. Par exemple aujourd’hui si je déprime à 1h du mat devant mon ordi c’est à cause d’une prise de tête avec mes collègues sur la constitution des classes : quels élèves on met ensemble ou pas, parce que prendre en compte toutes les affinités n’est pas toujours compatible avec des classes de niveau équivalent. Nous n’avons pas tous la même idée de l’égalité des chances. Donc, pas forte engueulade aujourd’hui, mais je suis partie. Sans claquer la porte, histoire de faire genre, ça ne m’atteint pas. Mais c’est faux, apparemment.

Malheureusement, cette année, j’ai eu beaucoup d’occasion de m’énerver à propos de mes collègues. Par exemple, quand personne ne veut faire partie du conseil d’administration, pour tout un tas de bonnes raisons (à force de fréquenter les élèves, on est aussi fortiche qu’eux pour les bonnes raisons…). Ou bien quand en réunion les gens ne se positionnent pas pour l’avis de la principale, ni contre non plus, mais qu’après on vient t’expliquer que la solution que toi tu as soutenu n’était pas la bonne. Quand certains râlent en salle des profs mais ne disent plus rien en réunion. Quand certains ne sont pas contre les sorties payantes (je sais ça c’est une question d’opinion, chacun les siennes, mais ça, ça ne passe pas). Quand certains ne s’inquiètent pas des changements qui vont avoir lieu parce qu’ils ne se renseignent pas et qu’ils tombent des nues quand enfin ils comprennent les enjeux que pourtant tu leur expliquais souvent.

Bref, je n’ai jamais eu aussi envie de changer de métier. A trois jours de la fin de l’année scolaire, ce n’est pas très grave. Mais je crains pour septembre de ne pas avoir réussi à me remotiver. D’autant que je n’ai jamais eu autant de boulot à prévoir pendant juillet et août que cette année. Or, je veux bien y consacrer quelques heures, plusieurs fois, mais pas des journées entières et là ça me semble juste insurmontable. Et puis pas envie. Et puis pas le courage. Et puis…