Un avis hasardeux

Je sens que je vais devoir me remettre un peu plus à fond dans le boulot dans les jours qui vont venir. J’ai passé presque deux heures aujourd’hui à désespérer sur scratch. Pour finalement décidé qu’à part quelques grandes lignes, quelques fiches que je possède déjà, je fignolerai tout ça en cours d’année tant la tâche me semble floue et rebutante pour le moment.

Surtout que nous n’avons toujours pas décidé de commander des manuels scolaires pour nos élèves ou non. Quand il y a deux mois j’imaginais aisément m’en passer, je dois dire que j’ai complètement changé d’avis. C’est impossible de préparer « proprement » des nouveaux cours (j’entends par là les cours, les fiches d’exercices, activités diverses… l’ensemble quoi) pour les tous les niveaux que nous auront (trois pour ma part), même en reprenant le maximum de ce que l’on fait déjà. Il y a trop de changements, sauf pour la sixième qui n’est pas si différente en dehors de la géométrie dans l’espace.

Étant arrivée à saturation très rapidement aujourd’hui, j’ai laissé tomber et je me suis rassurée en me disant que c’est dimanche en plus d’être les vacances, merde alors…

Je me suis finalement abrutie de lecture, n’arrivant pas à lâcher mon Thilliez en cours, mais j’en reparlerai ultérieurement, ayant encore quelques livres de retard dans mes avis.

 

Au retour de mes vacances en Espagne, j’ai lu L’ironie du sort, de Paul Guimard.

L'ironie du sort par Guimard

Lu en seconde, je me demandais si mon souvenir d’un bon livre était justifié ou influencé par l’admiration que je vouais à ma prof de français cette année-là.

 

Tout d’abord, j’ai trouvé le style riche et très soigné, tout en restant agréable et fluide. Première bonne impression.

 

« La sœur d’Albert avait été sa « bonne amie » à l’époque où Antoine, apprenti de soi-même, découvrait les exigences du corps à travers des contacts furtifs et de maladroites manipulations. Plus âgée que lui, moins timide surtout, comme sont les campagnardes, Janine avait été sa complice dans cette exploration d’un pays plein de hontes et de bouleversements. Leurs deux ignorances conjuguées procédaient par étapes incertaines. Dans le foin sec des granges, dans les creux moussus des écarts, ils avaient appris ensemble les premiers gestes de ce qu’il faut bien appeler l’amour puisque le désir n’appartient pas au vocabulaire de l’adolescent. »

 

 

L’histoire est intéressante et habilement déroulée : une première partie nous expose l’intrigue « de base ». Dans les parties suivantes, à partir d’un détail qui change, disons au milieu de l’histoire, la suite est déroulée de manière différente et cela à plusieurs reprises, tout le début, qui est identique, n’étant pas repris.

Antoine commet un acte de résistance pendant la seconde guerre mondiale. Du démarrage d’une voiture dépendra le bon déroulement de celui-ci. Et du déroulement de celui-ci dépendra le reste de la vie d’Antoine et, par ricochet, d’autres personnes.

 

Ce livre nous porte à réfléchir à la notion de hasard, en opposition à celle de destin. Il nous rappelle que les choix que nous faisons ne sont pas suffisants à déterminer nos vies.

De cela découle des remarques sur la personnalité, qui fluctue en fonction de l’entourage, des circonstances, tout en restant la même.

 

« On se fait mal à l’idée qu’un même individu soit différent selon les interlocuteurs sans cesser d’être fidèle à lui-même. Les relations humaines se trouveraient simplifiées si l’on tenait pour évident qu’un homme pût préférer les abricots chez son père, les fraises chez son camarades et les cerises chez sa femme sans être incohérent pour autant. Cette élémentaire vérité n’étant généralement pas admise, on trébuche sur les contradictions aussitôt  qu’on aborde des domaines plus souterrains  que celui des prédilections fruitières. »

 

 

Enchantée par cette relecture, elle confirme la chance que j’ai eu d’avoir cette prof-là (pour ceux qui me suivent, elle nous a fait lire aussi Gary et Ajar lors de cette année).

 

 

Finalement en contrepied de ce qui est développé dans le livre, mais pour rigoler un peu, le petit air, hein…

« Eh les keufs eh les meufs dans le RER

La banlieue c’est pas rose la banlieue c’est morose

Alors prends-toi en main c’est ton destin c’est ton destin

Prends, prends, prends toi en main c’est ton destin

[…] »

 

Extrait de C’est ton destin, Les Inconnus :

 

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