Que reste-t-il ?

Il reste la poussière par Collette

Quatre frères et la mère. Le père parti.

 

Mauro et Joaquin sont les deux ainés, jumeaux, frères alliés dans la force, dans la violence, dans la domination des petits, par la violence.

Steban, le troisième, est considéré comme le débile. Isolé dans son mutisme, sa mise à l’écart du monde, étranger à sa vie et finalement un peu à lui-même.

Raphaël le petit. Petit dans cet espace si vaste. Petit face à ses frères plus vieux. Petit en nombre, un contre trois. Petit dans cette vie de violence, lui qui a quelques délicatesses dans l’esprit.

Reste la mère et sa rancœur. Sa rancœur qui la rend si froide. Froide envers ses fils, pour lesquels elle n’a aucune tendresse. Pas même la tendresse de mettre fin à leur violence. Et la plus grande violence, c’est elle qui la commet en se montrant si indifférente envers leur sort, n’hésitant pas à laisser faire la loi du plus fort et voulant voir comme une fatalité, une sorte de sélection naturelle, ou de juste retour des choses, les dommages que peuvent subir ses propres enfants.

 

L’écriture est assez brutale, sans fioriture dans le récit, accompagnant avec justesse la rudesse des journées, remplies par un travail dur, harassant, parfois violent, parfois dangereux.

Par contre les descriptions de la nature, des chevaux, du paysage, elles, sont riches et subtiles. Seules sensations menant à des sentiments apaisants ou enivrants quand la famille n’apporte que peur, haine ou incompréhension.

J’ai vraiment été touchée par ces descriptions, ressentant de façon presque charnelle les évocations de cette nature bruyante, odorante, rugueuse ou douce, occupant tout l’espace, même le silence et finalement l’esprit, réveillant des émotions lointaines ou plus récentes.

 

C’est un roman noir, à l’atmosphère pesante, qui ne peut mener qu’à un dénouement douloureux. Mais à quel point ? Là réside un peu de suspense tout de même…

 

J’y ai vu aussi une réflexion sur la cellule familiale, ici tableau poussé à l’extrême d’un cas pourtant assez répandu, le cas de toutes ces familles qui vivent repliées sur elles-mêmes. Qui vivent sans interaction sociales avec les autres, ou peu. Et une question qui se pose. Comment choisir un ailleurs que l’on ne connaît pas ? Contraint et forcé ?

 

Il reste la poussière, sans âme qui vive…

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