Putain de journée

Voilà, premier jour de la semaine, déjà fatiguée, déjà débordée, déjà démotivée.

Une journée avec une heure qui dérape. Un peu. A peine, en fait. Un élève sur les vingt et un de ce groupe. Un petit sixième en plus. Un élève défaillant.

Et moi, avec mes velléités d’écriture, je me retrouve à rédiger un rapport sur le comportement de ce petit sixième à 20h le soir. Et bien, depuis le temps que je n’avais plus pratiqué cette activité passionnante, j’avais oublié comment faire. Comment le faire bien, sous-entendu.

C’est très difficile de rendre à l’écrit d’une situation dont on aimerait expliquer clairement le contexte ; la disposition des élèves, le moment dans l’heure, l’expression du visage, la tenue du corps, le ton de la voix… tant de choses peuvent avoir une importance pour expliquer une réaction, la mienne ou celle de l’élève d’ailleurs…

Et puis, il ne faut pas non plus en faire des pages. Il faut que ce soit court, clair, mais complet.

Notez que c’est sûrement un bon exercice d’écriture.

 

Bon, entre ça, voir le déroulement de mes séances pour demain, finir de coudre la blouse de ma grande pour les arts plastiques à l’école, j’ai quand même pris le temps d’écrire mon avis sur Une putain d’histoire de Bernard Minier. Avis que voici :

Une putain d'histoire par Minier

Évidemment on est tenté de reprendre ce titre accrocheur en accroche de critique. Et pourquoi pas en critique tout court…

– Une putain d’histoire !

Mais ne serait-ce pas là se laisser aller à la facilité…

– Développe un peu ton point de vue, s’il te plait.

– Euh… Bah… Pff… J’sais pas, moi. P’tain, c’est que j’ai juste trop kiffé quoi.

– Oui, d’accord. Mais à quel moment as-tu vraiment aimé ? Donne-moi quelques précisions.

– Comment à quel moment ? Ben précisément au moment où je l’ai lu. Il a pas non plus bouleversé ma vie à ce point. C’est qu’un bouquin quoi.

– Oui, bien sûr. Peux-tu me dire ce que tu as le plus aimé : l’intrigue, les personnages, le style littéraire ?

– Euh… C’était quoi déjà les personnages ?

– Henry, Charlie…

– Ah ouais, vous avez raison, ça m’a intrigué qu’il s’appelle Charlie. A cause de la référence et tout. Mais comme Minier il a fait style qu’il écrivait comme un écrivain US, je me suis pas laissé prendre à croire que c’était comme nous qu’on est Charlie. Vous voyez quoi.

– Très bien.

 

 

Ne pas se laisser aller à la facilité, donc.

J’ai aimé ne pas lâcher ce livre, qui doit être mieux à lire en format poche, vu le pavé que c’est. Le rythme donné par l’alternance des narrateurs, en particulier un « je » que l’on empathise à fond (cherchez pas, le verbe n’existe pas, mais sur le modèle de sympathiser, je me disais pourquoi pas…), des personnages attachants, une histoire compliquée certes, mais qui tient la route, un cadavre et demi, des thèmes intéressants comme l’espionnage des données numériques…

Ce qui m’a moins plu, c’est le dénouement côté intrigue policière. Mais comme souvent, ça n’a pas gâché tout ce qu’il y avait avant. Et là, ça ne gâche même pas ce qu’il y a après. Le final du livre est assez surprenant.

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