Errances poétiques

Rilke par Sauvat

Il est des références inratables.

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

Pas besoin de l’avoir lu pour la connaître, cette référence. Bon, à ce stade, c’est de la culture-confiture – moins tu en as, plus tu l’étales…

Alors pourquoi ne pas commencer par s’intéresser à l’homme, à défaut de connaître son œuvre ?

 

Autres temps, autres mœurs…

Poursuivant des études fictives afin d’avoir accès à des financements, vivant au grand jour une liaison avec une femme mariée à un autre, refusant la vie commune avec sa propre femme, ne s’occupant pas de sa fille, vivant la vie de château parmi ses « amis » de la haute…

Oui, mais il écrit des lettres, et ça, c’est vraiment d’un autre temps !

 

Catherine Sauvat nous raconte la vie de Rilke, de sa naissance en 1875 à sa mort en 1926, au fil de ses errances géographiques et sentimentales plutôt que de manière linéaire.

On découvre un homme souffreteux, au moral influençable par sa santé défaillante et éternel inquiet à ce sujet.

Versatile dans son rapport aux femmes, il illustre à merveille le précepte « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis ».

Inconstant jusque dans ses lieux de résidence, ses déceptions sont à la hauteur de ses enthousiasmes.

Son abondante correspondance fait souvent part de son mécontentement, de ses plaintes…

 

C’était un con ? question avisée de Jules quand je lui raconte ma lecture… Oui, mais non.

 

Infatigable épistolier, les quelques dix mille lettres qu’il a rédigées tout au long de sa tumultueuse existence nous donnent à connaître un homme plein de contradictions dans son rapport aux autres. Rilke n’a jamais été aussi proche de ses proches que loin d’eux. De ses proches, de ceux qu’il aime.

De celles qu’il aime plutôt. Car c’est un grand séducteur, qui semble bien lui-même séduit plus que de raison. Sa vie croise celles de nombreuses artistes. Un bon point car cela permet l’évocation de femmes artistes. Cherchez, cherchez une poétesse, cherchez une sculpteure, cherchez une peintre…voyez si vous trouvez…

 

Sa vie cosmopolite s’est accommodée de ses errances, attiré par des lieux parfois autant que par des gens. Et Paris fut une ville particulièrement importante dans sa vie, lui inspirant des sentiments contradictoires au gré de sa santé fluctuante, sombre ou illuminée.

 

 

Une belle découverte, qui m’invite bien sûr à faire connaissance avec cet incontournable poète.

 

Merci aux éditions Fayard de participer à Masse critique et merci à Babelio de l’organiser.

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