Vacances studieuses pour profs oisifs

Certains enseignants voudraient ne plus utiliser le mot « vacances » pour parler des vacances scolaires, parce qu’alors, les gens nous croient partis en voyage au soleil, ou à la rigueur chez nous à ne rien faire…

C’est idiot. Pourquoi partir, avec tout le soleil qu’il y a en Normandie cette année ?

 

Moi, je pense que ceux qui veulent croire qu’on ne fout rien, que l’on travaille 18h par semaine pendant six mois de l’année (week-end décomptés donc ! quel drôle de compte…), penseront toujours la même chose.

Ce serait juste un mot mis au ban de notre verbiage et nous n’allons pas tout de même imiter notre hiérarchie dans sa manie de rebaptiser certains concepts, espérant leur donner une nouvelle fraicheur, alors qu’ils ne font que l’abîmer un peu plus.

Comme les classes technologiques, devenues d’insertion, puis découverte professionnelle et ensuite préprofessionnalisation.

Comme les itinéraires de découvertes devenus enseignements pratiques interdisciplinaires.

Ou comme l’accompagnement personnalisé devenu… ah, non, lui c’est toujours les même mots, mais justement ce n’est plus la même chose.

Bref, en résumé : pour reprendre un vieux concept, il faut changer de mots, pour faire croire que c’est neuf. Pour présenter un nouveau concept, au contraire, il faut employer un vieux mot, histoire d’embrouiller un peu plus les choses.

C’est ainsi qu’on s’est retrouvé en formation à entendre « l’accompagnement personnalisé, ce n’est pas ceci, ce n’est pas cela… », sans jamais que l’on nous dise ce que cela doit être. Alors que je passe mon temps à dire à mes élèves qu’on ne définit pas un mot en disant ce qu’il n’est pas.

 

Pour ma part, je garderai donc le mot vacances, même si j’ai travaillé un peu pendant celles-ci, une trentaine d’heures sur deux semaines, à peine la moitié de toutes les choses que je « pouvais » faire, mais c’est déjà ça.

 

A la lecture d’un article du « journal quotidien d’un prof de lettres » dans lequel il parle des « élèves-vampire », ceux qui usent toute ton attention, n’en laissant que portion congrue aux autres, je me suis rappelé que je voulais cette année vérifier que je pouvais mettre un adjectif en face du nom de chacun de mes élèves. Bien sûr, pour certains, je pourrais déjà écrire des pages entières, si je le voulais, mais pour quelques-uns, je ne suis pas sûre de savoir les qualifier. Je n’ai pas encore eu – pris – le temps de le faire. Ce serait l’occasion de porter plus d’attention à ceux qui n’en ont pas bénéficié assez.

Il me reste malheureusement aussi à préparer mes « témoignages » pour les conseils de discipline de jeudi soir, tout cela me semble tellement loin déjà…

 

Enfin, profiter de la dernière journée avant la reprise, sans se stresser avec « tout ce que j’aurais pu faire et que je n’ai pas fait », voilà un beau défi pour moi.

 

Et puis, l’ami Gary m’accompagne pour cette fin de vacances ; je suis en train de lire – de relire en fait – Les cerfs-volants, son dernier livre, et j’en suis toute bouleversée. Quelle émotion !

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