Mauvais départ

Comme prévu, une rentrée dense avec les deux conseils de disciplines le jeudi soir. Rester de 17h à 19h au collège pour intervenir deux fois 5 minutes. Se rendre compte que les toilettes sont fermées dès 17h30, souvent la salle des profs aussi, mais là j’ai laissé mon sac et mon classeur bien en évidence.

 

Deux exclusions prononcées, qui ne résoudront absolument pas les problèmes des deux élèves concernés. Mais pour tous les deux, ce sont des cas trop complexes pour que nous, enseignants et personnels du collège, puissions les gérer. Avec eux, nous ne pourrions qu’aggraver les choses, sans une prise en charge spécifique. L’exclusion, après tout, fait partie du processus de prise de conscience par la famille du degré de difficulté de leur enfant à rester dans un cadre classique pour leur scolarité.

 

Vendredi, journée énervante. La matinée s’est plutôt bien passée. J’ai été efficace en commençant à corriger les copies de mes élèves de troisième pendant mes heures de trou. Mais il caille vraiment en salle des profs. Un seul petit chauffage pour une grande salle. Ma salle a tendance à se refroidir aussi quand elle est inoccupée. Surtout qu’il a fallu que j’aère en grand après le passage de mes vingt-huit grands troisièmes en pleine réflexion pendant une heure. Et puis il n’y a plus moyen d’imprimer depuis l’ordinateur, va savoir pourquoi.

L’après-midi, changement d’humeur. Après mon unique heure de cours, je m’apprête à partir quand on s’étonne que je sois encore dans l’établissement. Il y a eu un appel pour moi, mais il a été répondu à la personne que je n’étais plus dans l’établissement. La personne dit « qu’elle n’a pas les emplois du temps des profs ». Certes. Mais alors pourquoi supposer que l’on n’est pas là. A la question « qui voulait me joindre », je n’ai pas de réponse, on est dans l’incapacité de me le dire. Je consulte donc mon téléphone portable pour voir que c’est l’école de ma fille qui a voulu me joindre. Bien sûr, en classe, mon portable n’est pas allumé. Et j’ai toujours supposé que pendant mes heures de cours, le collège pouvait me trouver facilement. Apparemment non.

 

Et voilà comment je me retrouve hors de moi, aujourd’hui encore, envers nos conditions de travail merdiques. Parce qu’on ne maîtrise absolument pas nos outils de travail. Quand on a changé mon ordinateur dans ma salle, je n’ai pas été prévenue du moment où cela aurait lieu. Je ne peux absolument rien modifier sur ma session informatique : je ne peux pas faire de mise à jour, mais je ne peux même pas modifier mon poste de travail. Les versions des logiciels se multiplient, même entre ma salle et la salle des profs ce n’est pas la même version, en salle informatique non plus, à la maison non plus bien évidemment. Nous n’avons pas un accès simple à un téléphone qui permette d’appeler les portables. Il faut emprunter le téléphone en vie scolaire, ou le portable à l’administration – mais là, il faut alors changer de bâtiment et comme il faut maintenant frapper pour qu’on nous ouvre la porte au retour, tout ça me saoule au plus haut point.

 

Je ne développe pas davantage, parce que je risque de finir par écrire direct une lettre de démission sinon, ce qui serait totalement déraisonnable.

 

Demain, une nouvelle semaine, qui commence avec un conseil d’administration lundi soir. Ne nous plaignons pas, vendredi est férié, donc c’est une petite semaine. Mais, je vais peut-être donner l’impression de le faire exprès, tant pis, j’arrive à râler quand même avec un jour férié. Certes, je suis contente d’avoir une semaine allégée, mais je me dis aussi que c’est des heures de cours en moins. Déjà que l’on a l’impression de ne pas avancer…

 

Si je me retrouve encore à parler boulot un dimanche, c’est aussi parce que je me retrouve encore avec du boulot le dimanche. Il faut absolument que je me débarrasse de tout ce qui concerne le collège en semaine, pour avoir un vrai week-end, exempt de toute préoccupation professionnelle. Cela va indéniablement demander une certaine organisation, peut-être davantage de travail le soir, mais il faut que je tente, pour la sauvegarde de mon moral.

 

Seul moyen aussi de garder de vrais loisirs à côté. J’ai remarqué que je n’arrive pas à me consacrer à d’autres tâches quand je me dis qu’il faut que je travaille aussi. Même si en termes d’horaire, les deux seraient compatibles, le problème se pose en termes de disponibilité d’esprit.

 

J’ai quand même terminé la lecture des Cerfs-volants, de Romain Gary. Longue lecture car j’ai anticipé en survolant la suite du livre, puis suis revenue à ma lecture normale, plusieurs fois. J’ai savouré. Je me suis laissé imprégner de tant d’émotions à la lecture de cette histoire pourtant toute simple. J’y ai tant retrouvé Gary que j’ai voulu prendre tout mon temps. Je prendrai aussi mon temps pour écrire une critique de ce livre, magnifique, inattendu – alors que je l’avais déjà lu…

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