Il est bon de rire parfois

Il y a quelques temps, je demande à mes 3ème de dessiner un solide en perspective, d’en tracer ensuite le patron selon des mesures données. Différents solides sont répartis suivant les groupes et j’envoie des élèves au tableau présenter ce qu’ils ont fait aux autres.T. a fait le travail sérieusement, mais son explication aux autres n’est pas forcément claire. Alors je lui dis :

« Allez, T., montre-nous ton cube. »

J’ai mis un petit moment à réaliser ce qui faisait rire les élèves.

Pourtant, ils n’ont pas réagi quand on a parlé de sphères et boules et quand j’ai précisé qu’une boule, elle est pleine…

Publicités

Des mathématiques qui vendent leur âme au pseudo-concret

Voilà, j’écris un article pour ce blog car je me disais que je l’avais un peu délaissé ces derniers temps. Mais à bien y réfléchir, c’est plus que cela que j’ai délaissé ces derniers temps. Je ne lis plus, je n’écris plus, je ne couds plus, je ne dessine plus, je ne me promène plus. Trop de travail, trop d’heures à consacrer au travail, plus l’énergie pour autre chose.

 

Si encore c’était pour faire les choses bien. Mais non, même pas. Je me suis retrouvée hier avec mes 3ème à faire (normalement faire faire, mais chercher est une activité qu’ils mènent de manière tellement invisible qu’elle en est insoupçonnable) un exercice beaucoup trop difficile en géométrie dans l’espace. Un exercice avec une base concrète, il s’agissait de couper une pyramide en chocolat en deux parties de même masse par un plan parallèle à la base. Bien sûr, en imaginant le cas réel possible, toute personne sensée couperait « verticalement », suivant la hauteur et se retrouverait avec deux parties identiques, donc de même masse. Mais là, non, il faut couper dans l’autre sens. Et c’est vachement balèze du coup.

Déjà, la séance précédente, il fallait positionner au mieux un grillage de 21 m de long contre un mur pour faire un enclos à poule. Bon, il faut que les élèves se demandent ce que veut dire « au mieux ». Pour les poules, c’est qu’elles aient le plus d’espace possible, ou disons que plus l’espace est grand, plus on pourra mettre de poules. Mais une élève a suggéré qu’un rectangle c’était mieux qu’un carré parce que la diagonale est plus grande et que la poule peut marcher de manière moins monotone en ayant un plus long trajet. Bon, on a convenu que la poule s’en foutait un peu de tourner en rond. Alors on m’a suggérer que choisir un carré, trois fois sept mètres, c’était plus commode, car ça faisait moins de mesures à prendre, donc moins de manipulations.

Voilà le souci des problèmes « pseudo-concret ». En fait je dirais que la réalité est souvent plus simple qu’un exercice de mathématiques. Évidemment. Si on attend d’avoir besoin des mathématiques pour résoudre des problèmes de tous les jours, s’il ne s’agit pas de former son esprit par cette matière, je pense que l’on va pouvoir supprimer cette matière qui après tout n’est, pour la plupart des gens, qu’un outil à d’autres disciplines.

Parce même savoir additionner deux prix par exemple, ce n’est plus trop nécessaire avec les scan-achat, avec les téléphones qui font les calculs et que tout le monde a tout le temps sous la main. Savoir comparer deux offres, ce n’est plus trop nécessaire non plus avec les sites de comparaison qui ont fleuri sur internet.

Bref, c’est sûr qu’à vouloir faire des mathématiques quelque chose d’utile, on ne va plus en faire du tout.

 

Et ce n’est là qu’un des nombreux motifs de mon moral professionnel en berne…