Une âme de poète

Il est des références, auxquelles vous vous référez, sans pour autant les connaître autrement que par une vague culture, une culture d’article de pages littéraires de magazines, d’émission littéraire, télévisée ou radiophonique, de quatrième de couverture, voire de couverture simplement.

Le livre Lettres à un jeune poète était dans la bibliothèque de mes parents, il y a toujours été, toujours à la même place. Je ne l’ai jamais lu mais je connaissais son titre, son auteur, et la couleur de sa couverture, comme tant d’autres des ouvrages de la maison où j’ai grandi.

Et puis, j’ai eu une biographie de Rainer Maria Rilke par une masse critique : Rilke, de Catherine Sauvat.

J’en sais donc un peu plus sur cet auteur.

Alors soudain, je me suis dit que c’était le moment. Moment de me décider à lire les lettres à un jeune poète. Mais môman, pôpa n’ont plus ce livre depuis leur déménagement et il ne fait pas partie de ceux que nous avons récupéré. Alors j’ai pensé à toi Marie-Laure dont la bibliothèque est richement fournie et qui ne pouvait pas manquer d’avoir ce classique, merci pour le prêt.

Lettres à un jeune poète par Rilke

Donc j’ai lu les Lettres à un jeune poète.

Bon, je n’ai pas été transportée comme d’autres semblent l’avoir été, je n’ai pas su voir le génie de ces élucubrations sur la création artistique.

Car il en a indéniablement passé du temps, Rilke, à penser à tout cela, à tourner et retourner dans sa tête ses pensées sur l’origine d’une création artistique, cette envie, ce besoin même, qui doit être tout ce qui compte dans sa vie pour être vraiment un artiste.

 

Je retrouve, dans ces lettres, le caractère que m’a donné à voir la biographie de Catherine Sauvat à son sujet. Que de lettres commencent par des plaintes, des épanchements sur sa santé, fragile, son moral, vacillant. Par contre, quand Franz Kappus – dont nous n’avons pas les lettres – s’est apparemment plaint lui-même de difficultés, Rilke alors met de côté ses propres problèmes pour se tourner entièrement vers son correspondant.

On lit aussi les choix que Rilke a fait, choix de solitude, choix de l’amour véritable.

Mais il est éclairant de savoir que Rilke se sentait proche des êtres aimés en étant loin d’eux, que Rilke a vécu l’amour véritable, certes, mais plusieurs fois et avec plusieurs personnes, qu’il pouvait penser que seule l’écriture comptait dans sa vie peut-être parce que pour lui, il n’était pas contradictoire de ne pas s’occuper de son enfant – ou si peu – et de l’aimer quand même.

 

Bref, je ne me défais pas de l’image peu aimable que j’ai conçu de Rilke. Mais il a aussi une sincérité tout à fait touchante et qui rattrape beaucoup et c’est vrai que ces lettres nous montrent qu’il réussit à être seul, mais tourné vers les autres, le contraire de beaucoup de gens, beaucoup trop.

 

Certains pensent qu’il faut lire ce livre jeune, peut-être ai-je trop attendu, après tout…

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