Garçon manqué vs fillette

Se construit-on dans le regard des autres ? Forcément un peu, à mon avis.

Comme cela m’énerve d’entendre dire aussi souvent qu’un garçon est plus remuant, plus bruyant, plus violent qu’une fille.

Pas parce que c’est faux. Non, « statistiquement », ça doit être vrai, je suppose, puisque si tout le monde le pense, c’est que ça doit être vrai.

Aussi vrai que les gauchers étaient maladroits à une époque, non ?

Je veux dire, à force d’entendre dire que c’est normal d’être bruyant parce qu’on est un garçon, est-ce qu’on ne devient pas un peu plus bruyant parce qu’on fait moins attention, parce qu’on est moins repris sur ce point ?

De même que les garçons pleurent moins que les filles. Mais ce n’est pas vrai du tout chez les bébés, par exemple. En fait, j’avais lu il me semble que cela devenait vrai vers huit ans. Ne serait-ce pas à force de s’entendre dire qu’il ne faut pas pleurer, alors qu’on le dit moins à une fille ?

Pour en revenir aux statistiques, qui n’existent certainement pas sur ce point, a-t-on aussi les chiffres pour le nombre de filles qu’on affuble de l’étiquette de « garçon manqué » ? Et du nombre de garçons, hier traités de « tapette » ou de « fillette », aujourd’hui désignés comme « précieux » ?

 

Il me semble que Janusz Korczak traitait de ce point, l’impact de l’éducation, de la société sur le caractère des enfants, ne serait-ce qu’à cause des vêtements, différents, que l’on fait porter aux filles et aux garçons. Je pense que je vais bientôt relire Comment aimer un enfant, ce livre m’avait fait tant de bien, qu’en ces temps de doutes, de colère sur le système éducatif, cela pourrait être salvateur.

 

Côté lectures, que j’avais un peu mises de côté depuis un mois, trop de boulot oblige, j’ai quelques critiques babelio de retard. Voici celle de Un paquebot dans les arbres, de Valentine Goby, offert par Jules à mon anniversaire, sur les conseils de Marie-Laure, et c’était bien vu.

Un paquebot dans les arbres par Goby

Un paquebot dans les arbres, c’est une jolie promenade, dans un temps révolu, celui où élever des enfants n’était pas un examen de conscience permanent comme maintenant, avec moult juges qui vous affligent de symptômes sans jamais vous proposer de remèdes. Ce temps où les enfants pouvaient circuler librement dans la nature, où l’on pouvait être cheveux au vent en mobylette…

 

Les temps étaient durs pour les parents de Mathilde. Horaires de travail éreintants, absence d’aide sociale face à la maladie, à l’arrêt – imposé – du travail.

Et pourtant, que de joie, de liberté et d’insouciance. Que d’amour chez ce couple.

Que de vie aussi pour les enfants. Chacun à sa manière.

 

Mathilde nous émeut souvent, de par sa condition à priori peu enviable de cadette qui ne trouve pas sa place. Peut-être que les parents commencent par placer dans leurs enfants un peu trop de leur propre vision. Mais au final, en les aimant chacun de manière différente, ne finissent-ils pas par leur donner ce qu’on attend tous : être unique aux yeux de ceux qu’on aime ?

 

L’écriture foisonnante lors des contacts des personnages avec la nature m’a plu. Mais j’avais adoré les Enfants du Marais (pour faire écho à la critique de Canel, qui donne un autre regard du livre).

 

Il est intéressant aussi de ressentir le décalage entre une période historique, avec l’apparition de la sécurité sociale, et ses conséquences, ou plutôt ici son absence de conséquences, dans la vie de bon nombre de gens. On peut aisément imaginer aujourd’hui encore le décalage que provoquent les progrès de la technologie, ou de la médecine, de la science…, entre une partie des gens et… le reste du monde.

 

Valentine Goby m’aura apportée avec ce livre un peu de réflexion mais surtout de merveilleuses émotions.

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