Me faire ma propre opinion de mon métier

D’après ce travail, je dois toucher ce salaire.

On peut résumer cela à « travail implique salaire », affirmation vraie, vous travaillez, vous avez un salaire.

La réciproque serait « salaire implique travail », qui semble vraie aussi, mais pas toujours, car en général, nous ne touchons un salaire qu’après une période de travail.

« Non salaire implique non travail », c’est ce qu’on appelle la contraposée en mathématiques. C’est une affirmation plutôt fausse, si l’on considère le bénévolat comme du travail, ce qui à mon avis doit être le cas.

« Non travail implique salaire », on pourrait appeler ça un contrat politisé. Ça ne répond à aucune logique, mais pourquoi se gêner.

 

Bon, je laisserai de côté la polémique, c’était une digression qui n’avait pas sa place selon moi sur babelio quand j’ai écrit mon avis sur le livre de Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie.

 

Pour continuer un peu sur les maths, par contre, il y a un dossier dans Sciences et avenir du mois de février intitulé « Pourquoi il faut faire des maths ». Quelques personnes expertes sont interrogées sur les mauvais résultats aux épreuves TIMSS obtenue par la France.

L’un explique qu’il faut du concret aux élèves, l’autre qu’il faut des connaissances de bases solides. Evidemment, cela ne semble pas contradictoire. Mais quand l’horaire dédié aux maths n’est pas extensible et a même tendance à se réduire, il faut faire des choix.

L’un préconise pas de numérique (au sens des outils) du tout au primaire, l’autre dit le contraire. Là, c’est clairement contradictoire.

Finalement, la majorité des réflexions concernent l’école primaire. La formation initiale des enseignants des écoles est insuffisante car la majorité d’entre eux est issue d’un cursus littéraire (c’est une remarque que je lis souvent sans avoir de nombre précis). Les tables d’addition et de multiplication ne sont plus apprises suffisamment. Le sens du nombre n’est pas construit correctement. Ce sont les arguments que je retrouve souvent sans avoir chercher à vérifier leur exactitude.

 

Mais pourtant, depuis des années maintenant, j’entends dire que le maillon faible c’est le collège, ce qui a justifié une réforme lourde, qu’il faudrait même le « primariser », ce que l’on nous incite fortement à faire avec la création d’un cycle (le cycle 3) à cheval sur le primaire et le collège.

D’entendre, de lire un peu n’importe quoi, tout et son contraire, sur mon métier, prof, sur mon domaine, les maths, ça ne me gêne pas plus que ça. Si je lis autant d’articles, si je m’informe autant, c’est bien parce que je pense que cela sert ma réflexion, que je n’ai pas fini (loin de là) de faire le tour du sujet.

Mais il y a à prendre et à laisser dans tout cela. Et c’est pénible d’avoir de nouvelles injonctions en permanence, selon les modes du moment, selon les lobbies aussi qui s’exercent sur l’éducation nationale.

Et j’aimerais bien aussi qu’on reconnaisse ma capacité de réflexion et ma capacité à opérer des choix éclairés. En somme, j’en ai marre qu’après plus de 10 ans dans le métier, on ne me reconnaisse pas un niveau d’expertise convenable.

Alors je vais continuer à lire des articles sur la pédagogie, sur la didactique, sur le numérique, sur la neuropsychologie, sur la psychologie, sur la neuropédagogie, sur la sociologie – et j’en oublie – parce que je ne suis pas opposée à continuer à enrichir ma pratique d’outils, de points de vue nouveaux. Mais je me garderai le droit d’en tirer mes propres conclusions et de ne pas me soumettre aux avis partiaux.

 

Voici d’ailleurs un avis tout à fait subjectif, dans un domaine que je fréquente en amatrice : la littérature.

D'après une histoire vraie par Vigan

Ce livre est un peu une arnaque quand même. D’après, c’est selon, en conséquence de quoi ce serait sûrement faux. Mais d’après, c’est aussi en conséquence, d’après quoi, ce serait forcément vrai alors.

 

Mais c’est une belle réflexion sur la force du réel face au fictif.

Rien ne remplacera jamais un vrai travail pour justifier un salaire.

Par contre, faut-il avoir des faits réels pour écrire un livre ?

Réels pour qui… quant à l’énoncé de ces faits, certains répondent outrageusement « c’est sans fondement ».

Reste bien sûr les sentiments, les émotions, vérités intéressantes puisqu’ils ne sont pas contestables.

 

Delphine de Vigan nous offre un joli tour de passe-passe.

Je me permettrais de dire que j’ai trouvé l’histoire un peu lourde par moments, un peu trop attendue mais tout s’est rééquilibré ensuite. Il faut parfois quelques tours de ronde monotone (passe-passe-passera, la dernière, la dernière…) avant la dernière ligne droite (la dernière restera), prise au piège d’un très bon livre.

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