Avoir mille temps de perdre du temps

Pendant ces vacances, j’ai essayé de travailler au maximum pour m’avancer, car à la rentrée, nous allons enchaîner les réunions, les dernières copies du deuxième trimestre, les bulletins à remplir et donc les conseils de classe.

J’ai préparé plus de la moitié des séances de travail mental, un à deux cours de chaque niveau (même si je ne partais pas de rien, en cinquième et troisième, il fallait tout reprendre avec le changement de programme), sélectionné les exercices des « chapitres » en question, préparé aussi une interrogation écrite et un test de travail mental pour chaque niveau, mis à jour mes fiches de suivi de classes, fait du changement dans mes classeurs, revu mes progressions.

Je suis satisfaite car j’ai fait tout ce que j’avais prévu, mais est-ce pour autant que je vais aborder la nouvelle période de manière plus sereine ? Oui, en partie. Mais il restera toujours un stress, qui lui ne dépend pas du temps consacré à la préparation des cours et qui ne fait qu’aller crescendo passée la moitié de l’année scolaire. Finir le programme…

 

Avec la réforme, nos BI (bienveillants inspecteurs) nous disent que l’objectif n’est plus de finir le programme mais de s’occuper du socle. Comme en mathématiques, ils ont résumé les compétences en six verbes (modéliser, représenter, raisonner, calculer, communiquer, chercher), c’est sûr que chacune aura bien travaillée dans l’année. Mais puisque nous savons l’importance des connaissances, en particulier en mathématiques où celles-ci sont cumulatives, nous tenons à avoir étudié avec nos classes toutes les notions prévues au programme.

Ce planning sur l’année, c’est ce qu’on appelle la progression : prévoir l’ordre des notions, le contenu, et surtout le temps que l’on prévoit d’y passer. Au début de l’année, ma progression rentrait tout juste dans les 36 semaines de cours, moins fin d’année, moins voyage scolaire, moins sorties des élèves, moins jours de formation, réunion pour moi, moins absences non prévues (maladie, enfant malade, voire neige certaines années…). Déjà je n’en menais pas large, il n’y avait pas de rab de séances. Mais bien sûr, mon estimation pour certains chapitres était largement en-deçà de la réalité. Alors il faut que je réduise le temps prévu pour chaque chapitre qu’il reste maintenant. Et quand vous faites ça, vous savez bien que c’est mission impossible. Vous avez passé plus de temps que prévu initialement sur tous les premiers chapitres et vous passeriez moins de temps que prévu initialement sur tous les chapitres restant… ?

 

Ce qu’on appelle « faire » un chapitre est assez variable : une activité d’introduction ou pas, un cours écrit par les élèves ou distribué polycopié, plus ou moins d’exercices, des exercices plus ou moins compliqués… Alors il y a beaucoup de variables sur lesquelles on peut jouer pour réduire le temps à consacrer à un chapitre, c’est vrai. Mais on sait que réduire à peau de chagrin le temps consacré à une notion sera néfaste à sa mémorisation par les élèves.

De toute façon, compresser les chapitres qu’il nous reste à étudier avec mes élèves dans le temps imparti implique nécessairement une perte de qualité, il faut s’y résoudre.

Et ça, croyez-moi, c’est une source de stress, courir derrière le temps, toujours se dire « pourvu que j’ai le temps de faire ça, ça et ça pendant l’heure de cours », constater que ce n’est pas le cas…

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