Une autre vie

Pourquoi y a-t-il des moments où je n’arrive à lire que des polars ? Besoin d’avoir l’esprit occupé par une histoire qui tient en haleine certainement. J’ai emprunté L’archipel d’une autre vie à la bibliothèque car plusieurs critiques babeliesques m’avaient donné envie de le lire. Mais j’ai attendu, attendu… que le bon moment arrive pour le lire. Le moment où mon cerveau serait assez disponible pour apprécier à sa juste valeur l’écriture qui donne tout son sens à l’histoire. Ce moment n’était pas forcément arrivé quand j’ai ouvert le livre, mais voilà, il est classé « nouveauté » à la bibliothèque, ce qui fait qu’on ne peut pas le prolonger. Comme il m’était impensable de le rendre sans l’avoir lu, je m’y suis mise.

L'Archipel d'une autre vie par Makine

Je retrouve l’écriture fine qui m’avait charmée dans La musique d’une vie. Mais je me suis un peu ennuyée pendant la première moitié du livre.

Une histoire un peu lente à se mettre en place. Comme une promenade que vous commencez sans but précis. Avec un esprit qui se permet encore de divaguer, qui n’est pas concentré sur ce qui l’entoure.

Puis vos sens se trouvent happés par des couleurs, des odeurs, des douceurs ou des âpretés, des sons et des sensations. Alors vous êtes prêt à voir, sentir, entendre, ressentir et pourquoi pas goûter.

Goûter à la découverte de terres inconnues en compagnie de personnages qui se dévoilent au gré de leur collaboration forcée.

Et finalement, après une approche longue mais délicate, on se laisse apprivoiser nous aussi.

Il y a une poésie digne du Petit Prince dans ce livre et je l’ai terminé émue.

D’une belle émotion.

 

 

 

Depuis, j’enchaîne les thrillers, livres faciles, pavés qui tiennent en haleine, diversion utile dans un moment de doutes.

Je suis en vacances mais je n’arrive pas à me remettre à l’écriture de mon histoire. Certainement parce que je doute d’y arriver. Et pourtant je me suis promis de finir cette histoire avant la fin de l’été. Seulement voilà, il est difficile de faire quelque chose en sachant que ce sera médiocre. Mais c’est comme pour tout loisir, le résultat un peu bancal d’un meuble, un peu de travers d’une couture, n’enlève pas le plaisir d’avoir obtenu ce résultat par soi-même, d’avoir créé cette chose, imparfaite mais personnelle.

Le problème c’est que je retrouve ce sentiment cette année jusque dans mon travail. Avec la réforme du collège, tous ces changements qui arrivent d’un seul coup, on savait que ce serait impossible de faire les choses de manière satisfaisante.

Nos chefs nous ont dit et répété qu’il fallait faire au mieux, s’appuyer sur ce que l’on faisait déjà.

Gérer les heures de cours, les corrections de copie, le suivi habituel des élèves remplit déjà partiellement les semaines.

 

Cette année, qu’est-ce que j’ai fait en plus ?

Refaire et adapter certains cours en fonction des changements de programme, sur trois niveaux, en prenant en compte le niveau que je n’ai pas pour m’y retrouver dans la progression qui se fait sur le cycle.

Apprivoiser les nouveaux livres en choisissant les exercices adaptés dedans.

Me former un minimum, en autonomie, à scratch, le « logiciel » d’algorithmique/programmation que les élèves utilisent.

Me tenir informée des textes sur le socle, l’évaluation, le dnb, les documents d’accompagnements des programmes, etc… des dizaines et des dizaines de pages…

Continuer à m’informer sur les difficultés des élèves (dys entre autres).

Créer des séances de travail mental.

 

Qu’est-ce que je n’ai pas fait ?

Créer des séances intéressantes sur certains points du programme ; par exemple, sur les distances de freinage, sur l’alcoolémie, sur les statistiques aussi, sur l’utilisation de graphiques pour créer un chapeau de bébé, sur l’amortissement de la mise en place d’une cuve d’eau de pluie… j’ai des idées, mais je n’arrive pas à trouver suffisamment de temps pour me pencher véritablement dessus.

Différencier. Un peu. Même si l’inspectrice prétend que je le fais quand moi je pense que non.

Faire des évaluations plus réfléchies.

Élaborer de vraies séances d’algorithmique, programmation.

Et tout un tas d’autres choses que je n’ai pas envie d’imaginer pour ne pas alourdir mon insatisfaction…

 

Pourquoi prendre le temps de ressasser encore tout cela ? Je crois que c’est pour me rassurer dans mes choix. Je n’en fais pas plus cette année, parce que le temps que je passe à travailler est bien suffisant.

A force d’entendre dire que les profs ne travaillent pas assez, j’ai besoin d’objectiver mon travail, ce qui n’est pas facile, quand la moitié du temps se passe à la maison, dans des horaires non définis.

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