Code 93 d’Olivier Norek

Découvrir un nouvel auteur de polar (nouveau pour moi), pour changer, et aussi parce qu’ils écrivent moins vite que je ne les lis, heureusement. Bref, Olivier Norek.

Commençons donc par le début : Code 93.

Code 93 par Norek

Une bonne intrigue, complexe sans être tirée par les cheveux, enfin un peu, mais qui reste crédible même étant improbable, intrigue ancrée dans le 93.

Et ancrée dans la réalité aussi. Ce roman m’a semblé plus réaliste, plus près de la réalité pour ce qui concerne le déroulement de l’enquête, l’activité des forces de l’ordre, que ceux de Thilliez par exemple. Mais c’est une impression emplie de subjectivité puisqu’elle ne s’appuie sur rien de concret.

Des personnages flics bien dosés, pas trop lisses mais pas exagérément compliqués non plus, ce qu’il faut pour avoir envie de passer un moment avec eux, assez à découvrir sur eux.

Une échappée vers un auteur qui me satisfait pleinement.

La vision de la police, loin d’être angélique, m’a semblé tout de même rassurante, ne serait-ce que par la voix de l’auteur lui-même, au travers de laquelle résonnent une tolérance et une empathie envers ses semblables, même ses semblables assez différents de lui-même.

Un auteur que je fréquenterai à nouveau, sans aucun doute.

 

A noter aussi un point de vue qui m’a paru très nuancé et intéressant sur le département concerné, le 93, Seine-Saint-Denis dans lequel les habitants sont oh combien désavantagés par une égalité républicaine défaillante.

 

Par exemple le recrutement des professeurs des écoles, enseignants du premier degré, donc de la petite section au CM2, qui se fait au niveau départemental, pose problème.

Le concours du 93 est loin de faire le plein, ce qui implique de descendre le niveau de recrutement pour les écrits, augmentant le risque de se trouver ensuite confronté, pour les enseignants, à des manques, manques à combler alors que les débuts dans ce métier sont déjà forts complexes et fort denses aussi.

Un autre biais, c’est que des candidats d’autres départements s’inscrivent dans le 93, où il est plus facile pour eux d’obtenir le concours, mais ils n’aspirent ensuite bien souvent qu’à repartir d’où ils viennent, et parfois parviennent à y retourner, ajoutant un manque de stabilité aux équipes de la Seine-Saint-Denis.

C’est un problème auquel il n’est pas si simple de trouver une solution, certes, mais l’on ne devrait pas se contenter de cet état de fait. Ce département cumule les difficultés : faible scolarisation des moins de 3 ans, fort nombre de postes non pourvus, postes d’enseignants, mais aussi d’infirmières, de médecins scolaires, de surveillants, de conseillers d’orientation…, peu de remplaçants, beaucoup d’absences de professeurs et d’autres personnels dans les établissements… cercle vicieux qui épuise tout le monde et fragilise encore plus cette communauté éducative.

Difficile dans ces conditions de repérer le « mérite » des élèves !

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