Feu de paille

L’économie réelle : c’est une expression intéressante. Nous ne vivons pas tous la même réalité, loin s’en faut. Regarder des magazines d’investigation, comme Envoyé spécial devient carrément anxiogène : entre dangers évitables mais cachés par d’affreux industriels (je pense aux pesticides, je pense aux perturbateurs endocriniens, je pense à certaines substances pharmaceutiques, je pense aux sucres dans l’alimentation, je pense au sel dans l’alimentation… bref), entre surpuissance de certains acteurs économiques (je pense aux grands groupes laitiers, je pense aux quelques compagnies qui se partagent les marchés de l’eau, je pense aux compagnies pétrolières, je pense au GAFA(M)… bref encore), entre richesse exorbitante (je pense au yacht à 500 millions d’euros – quand je pense que j’ai le mal de mer, en plus, quel désespoir – je pense aux 1% les plus riches qui en France possèdent un quart de la richesse totale… bref aussi). Ajoutez à cela les fromages AOP qui sont industriels, les étiquettes illisibles, le recyclage des déchets de plus en plus indispensables mais auquel on ne comprend plus rien. Et ce ne sont là que quelques exemples dans un océan d’informations.

De nos jours on est largement informés, largement désinformé aussi d’ailleurs. Evidemment, il y a le problème des fake news, que certain(s) voudrai(en)t interdire. Ce qui me fait un peu marrer. Moi aussi, chaque année avec mes élèves je décrète que les mensonges sont interdits. Et qui c’est qui décide que c’est un mensonge ou pas, hein ? Passons.

Je ne sais pas si les malversations, il y a un siècle, étaient autant dénoncées. Publiquement j’entends. Aujourd’hui beaucoup le sont. Et ? Et… Et pas grand-chose. De gros titres pour de gros scandales mais qui ne débouchent sur rien la plupart du temps. Prenez les paradise papers. Si ça se trouve, mon sommeil a été plus perturbé que celui des gens mis en cause…

Dans quel monde vit-on… ?

L’histoire se répète bien sûr, rien de bien nouveau certainement, j’en veux pour exemple la politique sociale et économique évoquée par Pierre Lemaitre dans Couleurs de l’incendie, pour lequel je donne mon avis.

Couleurs de l'incendie par Lemaitre

Comme pour Au revoir là-haut, Lemaitre commence par nous en mettre plein la vue avec une scène à couper le souffle ; il excelle dans les descriptions d’actions et de mouvements, avec de tels visuels, pas étonnant qu’il soit adapté au cinéma.

En quelques pages, je retrouve le style si particulier de Pierre Lemaitre : son narrateur, un peu distant de ses personnages, qui s’adresse parfois à nous (« le lecteur se souvient… »), un peu nonchalant, avec quelques répliques mêlées à la narration à la suite de dialogues tout à fait classiques. Paradoxalement, c’est cela je crois qui me plonge direct dans l’histoire et qui me permet de me sentir proche des personnages. Peut-être aussi l’irruption de quelques familiarités, rares, qui viennent casser le rythme narratif et réveiller lecteur, moi donc (vous aussi peut-être) en me ramenant au milieu des personnages quand j’avais tendance à m’en éloigner en les regardant d’un peu trop loin.

L’histoire, principalement celle de Madeleine Péricourt. Souvenez-vous… Vous n’avez pas lu Au revoir là-haut ? Ou vous ne vous souvenez presque pas de l’histoire de cette première partie ? Pas grave. Cela ne manquera absolument pas à la bonne compréhension de Couleurs de l’incendie.

L’histoire donc, celle de l’entre-deux guerres, une histoire sociale avant tout, donc un peu politique aussi, politique économique surtout. Quant à l’intrigue, invraisemblable, ai-je lu à plusieurs reprises dans d’autres critiques… Pour peu qu’on me vende bien l’histoire, moi j’adhère à tout, presque tout, je veux dire, il n’y a pas non plus d’extra-terrestres qui débarquent. Pour le reste, un livre est là pour distraire « mon ennui en plein jour » et celui-là fait très bien l’affaire.

Voilà mon avis, pas très clair à la relecture alors disons très bien pour le style, sans plus pour l’intrigue, un peu moins bien qu’Au revoir là-haut à mon goût (quoique je vois que j’ai mis cinq étoiles, juste après lecture, je suis toujours plus optimiste dans mon ressenti que dans ma réflexion). Pour sûr, je lirai le troisième de la « série ».

Merci à lucia-lilas pour le prêt !

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