Aux âmes bien nées…

Ma lecture du livre d’Olivier Norek, Entre deux mondes, coïncide avec l’actualité sur la loi asile-immigration et du délit de solidarité que dénoncent, entre autres, les associations d’aide aux migrants. Un livre comme celui-ci donne à réfléchir davantage, en ayant des points de vue supplémentaires. Olivier Norek prend la peine de ne pas s’arrêter simplement au réflexe de fraternité (que tout le monde ne semble pas posséder cela dit), mais de se confronter aussi au principe de réalité.

Moi je ne suis pas confrontée (le mot n’est pas innocemment choisi) aux migrants comme ceux de Calais. Je ne suis pas sûre que l’Orne soit un département très accueillant pour ces gens, je le dis en rapport aux scores des partis d’extrême droite aux diverses élections, mais je ne suis pas allée vérifier la politique pratiquée par les élus en place actuellement. Ceci dit, je ne crois pas les gens d’ici plus intolérants qu’ailleurs, plus isolés par contre sûrement.

Par chez nous, l’étranger est bien accueilli, pour s’occuper de notre santé particulièrement. C’est cela j’imagine que l’on appelle l’immigration choisie. Ben voyons. Faisons venir ceux qui nous sont utiles et ne nous privons pas de dire aux autres que nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde.

On manque de place peut-être ? Chaque jour où je me rends dans la petite ville près de chez moi, que je vois tous ces panneaux à vendre sur les maisons, que je vois tous ces bâtiments à l’abandon, je me dis qu’il y a un beau gâchis dans tout ça. C’est simpliste comme vision, mais c’est viscéral, un besoin de simplicité et de retour à la nature, ce genre là…

Et l’impression aussi, encore une fois, de ne pas vivre dans le même monde que ceux qui nous dirigent. A la remarque sur la politique inégalitaire entre les villes et les campagnes, le porte-parole du gouvernement répond que des accords sont passés pour que l’accès au numérique soit plus juste. Qu’internet et la téléphonie mobile soit important et utile, je ne le mets pas en doute, mais c’est là la première et d’ailleurs la seule chose qui mérite d’être citée ? L’accès à la santé, que tchi… l’accès aux transports, nada ; l’accès à l’éducation, peau de balle !

Bref, mieux vaut que j’en revienne à mon avis sur le livre d’Olivier Norek, Entre deux mondes :

Entre deux mondes par Norek

Entre deux…

Ni un documentaire, ni totale invention. C’est un roman, basé sur des faits réels.

Ni polar, ni vraiment autre chose. Si, c’est un roman à suspense, sans aucun doute, ce qui donne un livre qu’on ne lâche pas facilement avant d’être arrivé au bout.

Ni pessimiste, ni optimiste. C’est un roman noir par l’univers qu’il décrit, mais pas forcément par le regard qui y est porté. Le point de vue se veut réaliste, c’est-à-dire que les personnages, quels que soient leurs volonté, se comportent en accord avec un principe de réalité.

Ni blanc, ni noir, on est bien dans la nuance de l’entre deux pour les personnages (je parle pas de leur couleur de peau là) : parmi les victimes, on trouve aussi des coupables (et l’inverse bien entendu), ils oscillent parfois entre le bien et le mal, dans les pensées et dans les faits aussi.

Le style est sobre et efficace (ça veut dire un peu quelconque mais surtout que rien ne m’a sauté aux yeux, pas de grandes envolées lyriques, pas de style ampoulé non plus…). A vrai dire, je n’ai pas trop reconnu l’écriture que Norek a utilisée dans Code 93 ou dans Territoires, mais c’est sûrement parce que je suis dépourvue d’une culture littéraire suffisante pour ne pas laisser l’histoire prendre le pas sur le style avec ce genre de livre.

Et donc il reste à dire quelques mots de l’intrigue. C’est pas gai. Et là, on n’est pas dans l’entre deux pour l’intensité de la chose… Quant au dénouement, que je pressentais surprenant, pour le connaître, je vous laisse lire ce livre, entre deux autres.

Merci à lucia-lilas pour le prêt.

Et un petit air, parce que cela faisait longtemps :

« […]

Être né quelque part

Être né quelque part

C’est partir quand on veut

C’est Revenir quand on part

[…]

Est-ce que les gens naissent égaux en droits

[…] »

Extrait de Né quelque part, Maxime Le Forestier :

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2 réflexions sur “Aux âmes bien nées…

  1. Réflexe de fraternité versus principe de réalité… j’aime beaucoup, je vous le vole 😉 Merci… et comment ça mon style est quelconque ? 🙂 🙂 🙂 belle journée à vous. Olivier.

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    • Ben voilà, « quelconque » tout seul aurait été un peu abrupt, « sobre et efficace » est plus politiquement correct. Pourquoi ne pas s’arrêter là alors ? Déjà, parce que cela peut faire un peu langue de bois (pas mon fort, la langue de bois) et surtout parce que cela ne précise pas que, volontaire ou non, ce style plus discret laisse plus de place à l’intrigue et aussi aux émotions du lecteur.
      Ravie de me faire voler une formule, je m’en sens plus riche tout à coup !
      Merci et bonne journée.

      J'aime

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