Courage, fuyons…

Il est rare que des vacances scolaires aient été aussi vitales pour moi. Bien sûr c’est exagéré, à peine… Dans le temps où je ne gérais pas mes classes, dans le temps où j’avais affaire à des gamins complètement survoltés, cela a déjà été le cas : atteindre les vacances et les vivre comme une délivrance, comme un moment de remise en forme tout à fait indispensable à la suite de l’année.

Mais là, il ne s’agit pas du tout de cela. J’ai des classes plutôt correctes ; les élèves de cinquième restent pénibles mais je ne ressens pas d’animosité de leur part, et je ne ressens pas d’animosité envers eux, ceci impliquant cela.

Non, là, c’est le système qui m’oppresse. Ce qui est déjà existant et que je trouve négatif, ce qui se profile, qui n’a rien de réjouissant non plus.

Je ne vais prendre qu’un seul exemple pour le moment, mais il y en aurait bien d’autres : les heures supplémentaires.

Blanquer prétend revaloriser le salaire des enseignants en leur permettant d’effectuer davantage d’heures supplémentaires !!

Mais tout d’abord, il ne s’agit pas de revalorisation d’un salaire quand il s’agit de d’abord travailler plus pour ensuite gagner (un peu) plus.

Ensuite, permettre n’est pas le mot exact, puisqu’il s’agit là d’obliger. Blanquer veut pouvoir obliger les enseignants à effectuer deux heures supplémentaires, alors que pour le moment on ne peut nous obliger qu’à une seule heure. En comité, cette mesure a été rejetée deux fois, mais il semblerait que cela ne l’empêchera pas d’être adopté, ces comités n’émettant qu’un avis consultatif et pas décisif. Soit.

Mais en ce moment, nous travaillons dans les établissements sur la répartition des moyens pour l’année prochaine, moyens donnés en heures et séparés en deux catégories : heures postes et heures supplémentaires.

Or les heures postes sont juste suffisantes pour couvrir les moyens obligatoires par classe, tout le reste est donc prévu en heures supplémentaires. Dans mon établissement, comme dans beaucoup d’autres, les enseignants ne veulent pas d’heures supplémentaires, ou peu. Parce que nos dix-huit heures, si elles paraissent trop faciles à certains, sont en réalité plus prenantes que les gens ne l’imaginent en général et nous amènent en tout cas à un temps plein, certes variable, mais si vous regardez nos semaines à vingt-cinq heures, je vous prierais de regarder aussi nos semaines à cinquante heures (il y en a peu, mais ça arrive).

Il faudra donc l’année prochaine que nous ayons tous en moyenne 1,8 heures supplémentaires chacun. Alors il faudra que le chef d’établissement impose à certains de prendre deux heures supplémentaires. Ce qu’il prévoit en effet. Pourquoi le texte prévoyant deux heures sup que l’on ne peut refuser n’est pas passé avant cette période de répartition des moyens ? Il paraît qu’il passera, à n’en pas douter. Soit.

Disons haut et fort, parce que les gens l’ignorent – même mon chef l’ignorait, que les heures supplémentaires des enseignants sont moins bien payées que les heures postes, ceci dès le 5ème échelon quand on est certifié pour la 1ère heure sup et dès le 2ème échelon pour la 2ème heure sup. Tout est dit : la mesure est une mesure d’économie et pas de revalorisation. Toutes ces heures supplémentaires prévues permettent la suppression de postes dans l’éducation nationale, quitte à être une charge en plus pour les enseignants, quitte à rendre le métier encore moins attractif que ce qu’il n’est déjà.

Et à force d’être de moins en moins attractif, il en devient répulsif pour certains !

 

Un peu de lecture pour se distraire : La boite de Pandore de Bernard Werber.

La boîte de Pandore par Werber

Ce que je remarque, dès les premières pages du livre, c’est un style littéraire qui me semble pauvre, du moins dénué d’intérêt. C’est propre et très correct, mais c’est plat, sans saveur particulière qui viendrait donner du relief à l’histoire. Et il en faudrait…

Ensuite, le ton dans lequel l’histoire est raconté m’a semblé naïf, ou peut-être bien simplet. René a un comportement adolescent, il est immature et peu crédible dans son rôle de prof, comme dans sa manière de s’adresser à ses autres vies. Sa copine prof et le copain médecin de celle-ci, sont très caricaturaux.

D’ailleurs l’histoire en elle-même, pour ce qui est de l’hypnose régressive et des vies antérieures, n’a pas accroché mon attention : les situations m’ont semblé fausses ; elles le sont bien sûr, mais là encore, pas crédibles, le couloir et les portes, la façon de se parler d’une époque à l’autre, tout ça fait « clichés » pour moi.

Au final, pourquoi avoir mis trois étoiles et ne pas s’être contenté de deux ? Je me pose la question et n’ai pas forcément de réponse convaincante. Peut-être une fois encore victime (ou coupable, c’est selon) de ma grande indulgence (que l’éduc nat nous oblige à confondre avec la bienveillance à grand renfort de propagande ministérielle culpabilisante). Mais si je dois reconnaître un point vraiment positif dans ce livre, outre qu’il se lit sans difficulté, encore heureux, c’est la réflexion sur la subjectivité de l’histoire, celle enseignée et celle retenue comme officielle.

Un Werber décevant pour moi, comme l’année dernière avec Demain les chats, à peu près pour les mêmes raisons.

Au suivant !

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