AESH dans la dèche

« Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

Oser affirmer que les AESH (Aide aux Élèves en Situation de Handicap) qui travaillent sans salaire depuis la rentrée, parfois même sans contrat – s’ils n’ont pas eu la présence d’esprit d’en réclamer un – toucheront un acompte de leur salaire dans quelques jours !

Je me souviens, ayant débuté mon métier de prof comme contractuelle, il y a quelques dix-sept ans, c’était déjà ça. J’avais touché les premières sommes, effectivement outrageusement qualifiées d’acompte, vers la fin du mois de novembre alors que j’avais commencé à travailler début septembre. Mais moi, à l’époque, je n’ai pas eu à en souffrir, car je pouvais compter sur mes parents. Ce n’était pas le cas de tous et la problématique était déjà la même. Comme quoi en dix-sept, et malgré les progrès du numérique avec tous les avantages qu’il apporte, l’éducation nationale n’a aucunement progressé en la matière.

Donc, j’entends aux info ce soir que les AESH de l’académie de Rouen, sont malmenés par l’administration, en n’étant pas encore rémunérés pour beaucoup d’entre eux. Presque mon académie, puisque Rouen et Caen ont presque fusionnées (je parle des académies).

Quelle honte ! Ces gens, à qui l’on propose des contrats à la noix, puisque ce sont rarement des temps pleins, qui en conséquence ont une paie dérisoire, surtout pour qui doit en faire vivre une famille, ces gens donc, doivent encore s’adapter et se débrouiller pour gérer les ennuis qu’ils ne manqueront pas d’avoir en étant à découvert sur leur compte en banque.

Dans mon collège, nous n’avons pas ce souci, les AESH sont bien sous contrat. Et rémunérées. Au féminin, parce qu’il n’y a que des femmes chez nous. Par contre, l’une d’entre elle est en congé maternité et elle n’est pas remplacée. Tant pis, les deux élèves qu’elle suit, dont une avec des problèmes de vue très important, se débrouilleront bien pour trois mois !

Encore une fois je me dis « qu’attend-on pour réagir ? » !!

Au moins dans les bahuts où les AESH ne sont payé(e)s, n’est-il pas possible de déposer un préavis de grève, tous ensembles, profs, vie sco, administratifs, d’associer les parents d’élèves et de promettre une journée « collège mort », avec médiatisation de la chose ? Faut-il vraiment ne pas se sentir concernés par le sort de ces personnes, précaires, par le sort des élèves qui peuvent se retrouver du jour au lendemain sans personne pour les aider quand il a été reconnu qu’ils avaient besoin de ce soutien ? Avons-nous perdu tout sens de l’action collective, tout sens de la mobilisation ?

Je m’inclus malheureusement dans ce « nous ». Je suis écœurée par l’éducation nationale, par mon métier, et cela brise pour le moment chez moi toute velléité d’action.

 

Sans transition

Enchaînons sur un livre qui commence par un élève pilote mort lors d’un bizutage. Comme lien avec ce que j’ai raconté avant, c’est léger, mais j’assume de parler de ce dont j’ai envie, suivant l’actualité et mon état d’esprit, avant de proposer mon avis sur un livre.

Donc, Lontano, de Jean-Christophe Grangé :

Lontano par Grangé

Même pas sûr que j’ai déjà lu un livre de Jean-Christophe Grangé.

1 000 pages ! 1 000 pages que je débute avec quelques à priori : à priori sur un auteur connu, qui vend beaucoup et qui est adapté, comme si le succès pouvait être contradictoire avec la qualité ; à priori sur la longueur du livre, les pavés ne me font pas peur, mais pas envie de traîner un livre des jours et des jours, même en le lisant pendant les vacances ; à priori sur l’histoire, le début situé en Afrique et qui laisse penser qu ça va parler de Françafrique ; à priori sur les personnages, le flic fils de barbouze, frère de financier camé… bof, bof…

Bon, beaucoup d’à priori je vous l’accorde du coup je vous l’accorde ! Et bien sûr, comme souvent avec les à priori, ils étaient faux.

Déjà, Grangé, c’est très connu et ça a du succès, peut-être juste parce que c’est bien. Ensuite, les 1 000 pages, tu les tournes comme si c’était dix fois moins, sans problème. Et puis l’Afrique avec son aspect barbouze est loin d’être le cœur du sujet et même cette évocation n’est pas inintéressante. Le flic, Erwan Morvan, se révèle plus agréable que je ne craignais, pas plus subtil, mais pour une fois, je trouve que ça le garde ancré dans la réalité, plutôt que le contraire.

L’histoire propose de multiples rebondissements et se veut moderne, avec des incursions dans des milieux qui n’existaient pas avant. Peut-être que les ingrédients sont classiques : sexe, argent, drogue, milieux non autorisés quoi, mais ce qui fait le sel de ce livre, c’est bien la recette choisie pour nous présenter tous ces ingrédients, y compris le niveau de langue, soigné et fluide, qui permet de tourner les pages sans problèmes.

Après que le mystère se soit bien épaissi, après que le tableau d’ensemble soit devenu bien trouble, on se plaît à voir les choses s’éclaircir, à voir les pièces revenir petit à petit à leur place et rendre l’ensemble compréhensible.

Un bémol toutefois : ce besoin de brouiller les cartes à la fin, une carte du moins, qui fait qu’après 1 000 pages on a l’impression qu’il en manque quelques dizaines pour avoir le fin mot de l’histoire. On ne doute pas que l’on peut trouver ce fin mot dans un autre livre de Jean-Christophe Grangé, mais on trouve quand même le procédé un peu facile et cavalier.

J’ai enfin découvert Grangé et j’en suis très contente.

A engranger !

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