En attendant

Quelques semaines à regarder la même série, presque chaque soir, les cinq saisons à la suite.

Oui, c’est un peu de l’addiction.

 

Sur écoute. Très bonne série sur le trafic de drogue à Baltimore, la police de cette ville, les syndicats, la politique, le journalisme, le système carcéral, la justice, le monde des affaires, l’éducation (qui n’a rien de nationale là-bas).

Cela paraît beaucoup à la fois, mais tous ces sujets sont liés et ne sont traités que du point de vue du lien qui existe justement.

Vraiment une des meilleures séries que j’ai vues. D’abord parce qu’elle a un très bon scénario, parce que les personnages sont tout à fait crédibles, même dans leurs excès, mais je veux dire qu’il n’y a pas forcément de « happy end », ce n’est pas parce qu’on s’est attaché à un personnage qu’il va être épargné.

Et puis, comme c’est souvent le cas dans les séries américaines, elle dénonce certains faits, connus certes mais mal connus. Comment un politicien plein de bonnes intentions en arrive à être pourri par le système aussi rapidement ? Comment les « méchants » s’en sortent-ils toujours aussi bien, que ce soient les délinquants, trafiquants de drogue, ou les politiciens, les policiers sans scrupules ?

Les réponses apportées sont tout à fait convaincantes. Et même les gens honnêtes se retrouvent bien souvent pieds et poings liés par des impératifs personnels peut-être pas très glorieux mais pas non plus honteux.

Et c’est bien le problème, comment sortir d’un tel système ?

 

Et je crains qu’une telle série ne soit pas caricaturale, au regard de la partie qui concerne les écoles.

La culture du « chiffre », les fameuses statistiques, les fumeuses devrais-je dire, est de mise, comme dans bien d’autres domaines. Et les chiffres, on les fait plier et parler comme l’on veut, pas même besoin de les torturer, ou si peu…

 
Chez nous, je veux dire dans le système éducatif français, on a par exemple les prévisions d’effectifs pour l’année prochaine.

Si un gamin en CM2 doit venir chez nous parce qu’il va déménager cet été, il ne compte pas dans nos futurs effectifs parce qu’il n’est pas encore là. Mais le gamin de CM2 qui dépend de notre collège mais qui a annoncé qu’il déménagera cet été, il n’est pas compté non plus parce qu’il ne sera pas là l’année prochaine.

Alors je ne sais pas si c’est comme cela dans toutes les académies, mais on peut se retrouver avec pas mal d’élèves fantômes dans ces conditions.

 

 

Avec toutes ces soirées occupées, je n’ai pas pris beaucoup le temps de lire, et en plus j’ai quelques avis à donner de retard. Je tenais aussi à finir un dessin, fait à partir d’une photo choisie dans le magazine Chasseur d’images.

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J’ai trouvé qu’il illustrerait bien mon avis sur En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut.

 

 

Prêté par une collègue, grande lectrice, en voie de professionnalisation même, qui avait produit une critique extrêmement positive et enthousiaste.

Beaucoup d’autres critiques ont été élogieuses sur ce livre, ce qui me met toujours un peu mal à l’aise, craignant pour ma part un nouveau naufrage à la Titanic dans les eaux de mon âme refroidies par la morosité ambiante.

 

Mais toute lueur étant un espoir de réchauffer ma motivation proche du zéro absolu, c’est avec une neutralité toute politique que j’ai commencé cette lecture : en adhérant à priori aux avis positifs, sans réel fondement de cette pensée, et en me réservant la possibilité de changer d’avis sans perdre la face.

Et pile au début, dès son apparition, j’ai su que je n’aimerai pas ce personnage, cette fille fantasque qui veut entraîner tout le monde dans ses délires, prenant toute la place, le temps – et jusqu’à l’imaginaire – de ses compagnons et que je n’aimerai pas cette histoire peu crédible mais ancrée dans la réalité.

 

J’ai su mais cette certitude a fondue comme un iceberg dans mon âme enflammée par des remous d’enfance.

Et si on jouait à faire semblait ?

On dirait que cette histoire serait crédible. On dirait que cette femme, loin de se contenter d’être une dépressive ultra égoïste demandant à tous de se plier à ses fantasmes et ses caprices serait en effet un être un peu féérique, plein de lubies charmantes.

 

Et moi j’y crois à l’imaginaire des autres.

J’y crois grâce à la constance du point de vue du petit garçon, naïf ou protecteur… combien d’enfants s’inventent un quotidien meilleur que le leur.

Point de vue cohérent aussi avec celui du père, la lucidité pointe en lui, même s’il la renvoie dans les cordes autant qu’il peut.

 

Au final, comme de bien entendu, j’ai aimé !

 

Merci de m’avoir prêté ce livre petit « monstre de littérature voué à de satanés adolescents ».

 

 

Au fait, il parait…

 

« […]

Il paraît qu’l’amour, c’est un truc dangereux

Que ça va faire chialer tes jolis p’tits yeux

Il paraît même que ça fout la fièvre

Il paraît qu’y’en a certains, y’en a certains qu’en crèvent
Mais moi j’y crois

Quand j’te vois

En face de moi

Que ma tête me crie tout bas

« Embrasse-la ! Embrasse-la ! »

Et moi j’y crois
Embrasse-moi ! »

 

Extrait de Moi j’y crois, Mano Solo :

https://www.youtube.com/watch?v=OeKi_leB9UY

A l’abri de rien

J’avais découvert Olivier Adam avec ce livre il y a quelques années. Il m’avait fait une forte impression.

Après avoir lu Les échoués de Pascal Manoukian qui concerne des migrants, je me suis souvenue que le thème était abordé aussi dans le livre d’Olivier Adam, même si ce n’est pas le sujet principal du roman.

 

Dès les premières pages, un style très particulier nous saisit.

Des phrases dont le rythme est cassé par l’absence de certaines virgules dans des énumérations fréquentes, litanies nous faisant ressentir le caractère désabusé, déprimé de notre narratrice et héroïne : Marie.

Elle raconte son quotidien qu’elle ne maîtrise plus tout à fait, ses liens cassés avec ceux qu’elle sait aimer encore mais qui la font chier, y compris ses enfants.

Ce livre dépeint une banlieue ordinaire, pas tout à fait dans la misère mais pas loin, avec ce poids permanent du quotidien qui tient les rêves à distance.

 

Marie se laisse porter par les événements, aide les migrants plus pour elle-même que pour eux. Mais à les fréquenter, et à fréquenter Isabelle, elle ouvre les yeux (et les nôtres un peu aussi) sur leur condition.

Ce livre est subtil, très subtil.

Une certaine tension nous envahit, on se demande si tout cela va mal finir ou s’il y aura un happy end. On se demande si les explications vont venir.

Mais la vie est pas un putain de conte de fée.

Et ce roman est subtil, depuis son titre jusqu’à la dernière ligne.

 

 

Par association d’idée avec Saint-Malo, parce qu’Olivier Adam habite près de cette ville, parce que le week-end dernier s’y déroulait le festival « Étonnant voyageur », même si je n’y suis pas allée, une pensée avec un dessin :  Crique

Quand je pense au temps que ça m’a pris pour faire ça. Mais après tout c’est un loisir comme un autre, il faut bien se distraire un peu…

Furieusement

Une histoire un peu intimiste, où l’on accompagne quelques personnages.

Le jeune Jim, rebelle en quête d’autorité, de modèle. Il reproche à son père de se comporter en lâche et ne supporte donc pas de passer lui-même pour un lâche auprès des autres jeunes qu’il côtoie.

Il y a de l’amour dans l’air avec la jeune Judy, elle aussi révoltée, contre son père car incomprise.

John, dit Platon, un autre être torturé par sa condition, rejeté par ses parents, donc en rejet des autres.

Buzz, le « chef de gang », qui permet un affrontement dans les règles.

Ray Frameck est la figure rassurante de l’adulte, qui dès les premières pages – enfin dès le début de l’histoire, a tout compris. Il sait ce que ressentent ces jeunes, et pourquoi.

Tout cela semble un peu cliché ? Je trouve aussi.

Surtout que l’histoire se déroule sur un temps très court, en deux jours, tout est plié.

 

J’avais vu le film il y a fort longtemps, qui ne m’a laissé comme souvenirs que de vagues impressions d’une tension plus ou moins forte mais toujours présente, et le souvenir de la jolie petite gueule de James Dean en faux mauvais garçon.

Dans le livre je n’ai pas retrouvé cette tension, peut-être à cause du style de l’écriture, tellement éloignée de ce que l’on écrirait aujourd’hui, particulièrement dans les dialogues.

 

 

 

Toujours très peu de temps en ce moment, c’est l’impression que j’ai du moins. Je me disperse… trois livres en cours, deux « critiques de retard », un robe qui attend d’être cousue, et l’envie de dessiner, d’écrire…

Dans l’optique rentabiliser mon temps, j’ai décidé de ne pas hésiter à dessiner, même en cinq minutes. Et voilà ce que cela donne.

fureur

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